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La Finlande : genèse de la Scandinavie

26 avril 2026 par
Séphora PInabel


L'arrivée à Helsinski est rapide, le ferry est en avance. J'ai un peu de mal à retourner à mon camping-car dans le dédale des couloirs encombrés par les passagers, simple piétons. J'ai à peine le temps de ranger mes affaires, qu'il me faut démarrer le véhicule. Malgré les centaines de voitures et camions, en 10 minutes je me retrouve sur les boulevards de la capitale. Je ne la visiterai pas. Elle n'avait pas grand intérêt pour moi. Elle est cependant bien agréable à traverser. Les Finlandais sont très courtois au volant. Je me rends au parc Sipoonkorpi à seulement 30 kms. Première station service, le diésel à 2,45 €, ça fait mal. Il fait doux à 21 h, je roule la fenêtre ouverte. C'en est terminé de la solitude, 6 camping-car sont déjà garés sur le parking Bakunkärr. J'entame la région des grands lacs. Je vais devoir utiliser le chauffage avec parcimonie. La vente de GPL est interdite en Finlande. Il faut que j'attende de rejoindre la frontière Suédoise pour refaire le plein de gaz. J'ai environ un mois d'autonomie. Je vais mettre des couches supplémentaires dans le véhicule. Bien souvent je suis sortie de ma zone de confort. Ce n'est pas le manque de chauffage pour une courte période qui va m'arrêter.

De bon matin, je pars dans les bois. La Finlande possède 41 parcs nationaux. Je vais en faire quelques uns. Tous ne me seront pas accessibles. Il faut un bateau pour accéder aux îles. De plus, je vais me concentrer sur l'est du pays. Toujours la Russie qui m'appelle. Surtout, j'ai bien découvert la mer Baltique. Je la retrouverai pour cheminer le long des fjords norvégiens. Après quelques minutes de marche, des soldats en vue. Ils sont en manœuvre. J'en double d'autres peu de temps après. Je ne peux m'empêcher de ressentir de la colère. Voir des armes dans ces lieux paisibles, c'est un non-sens absolu. Je découvre des sous-bois moussus comme j'aime tant, avec beaucoup de rochers. Les dénivelés sont très courts mis assez sévères. Mes jambes n'ont plus l'habitude après ces 4 mois de platitude. C'est un plaisir de déambuler ici. Un sentiment de quiétude totale m'envahit. Je continue mon périple. Je suis remplie d'énergie. Bref, je suis heureuse de trouver ma place à chaque découverte. Je déniche une belle grue cendrée au fond d'un champ.



Je m'arrête à Lahti, j'ai découvert que les forfaits téléphonique étaient plus intéressants en Finlande et surtout je peux acheter une carte prépayée pour 3 mois au prix de 64 €, avec internet illimité pour les Pays Scandinaves et le Danemark et 132 GO pour le reste de l'Europe. Je sais que je n'aurai pas de problème jusqu'en juillet. Je déjeune au bord du lac Alasenjorvi. Ici c'est le royaume du ski de fond. Les pistes sont non seulement goudronnées pour permettre les randonnées cyclistes aux beaux jours, elles sont aussi éclairées. Tous les Finlandais que je rencontre sont souriants et avenants. Pendant que je télétravaille, un couple de Bernaches du Canada vient me rendre visite. J'ai juste le temps de faire une photo à travers le pare-brise. Elles repartent déjà. 

Il m'est arrivé une chose troublante hier et aujourd'hui : je suis passée devant de belles églises en bois. J'ai eu par deux fois l'envie d'entrer et m'y recueillir. J'aime beaucoup visiter ces édifices. Pourtant, c'est bien la première fois que je ressens cette sensation à leur simple vision. Je m'arrêterai à la prochaine, si ce sentiment m'envahit de nouveau. Je me sens tellement sereine dans ma nouvelle vie. L'impression de me retrouver en méditation constante.


Me voilà à Lapinsalmi dans le parc Repovesi. Une grande randonnée m'attend demain. Il fait un temps magnifique et 16 degrés. Je pars en petite balade de fin de journée. J'ai vu qu'il existait un bac à manier seul pour traverser le lac, comme je l'ai fait quelques temps auparavant. Je vois que le câble est sous l'eau. J'arrive une semaine trop tôt. Le bac sera remis en service le premier mai. L'emblème du parc est le renard. A peine au lit, j'en entends un glapir. Il connait sa place celui-là. Il a plu une grande partie de la nuit, qu'importe je mets la cape et je prends le sac à dos. Aujourd'hui le pique-nique est prévu. Je suis au milieu du granit rose. Les routes, sentiers, rochers et plages sont roses. Cette couleur forme un bel ensemble avec la végétation. La randonnée est magnifique. Toute en dénivelés, elle permet de découvrir les lacs et d'avoir une vue d'ensemble. La pluie s'est arrêtée rapidement et la température a baissé. Je m'arrête sur une aire de repos pour le déjeuner et j'allume un feu pour ne pas me refroidir. C'est vraiment agréable ces lieux. Je me suis résignée à lire des e-book. Je n'ai plus que 3 livres papier. Je prends le temps de bouquiner en restant au chaud devant les flammes. Il reste quelques petits tas de neiges épars ça et là. Je découvre que les aires de pique-nique du parc sont fabriquées par des détenus. Voilà une saine occupation avant qu'ils reprennent leur place dans la société.


Je reprends la route direction le lac Saimaa qui accueille les phoques annelés, les plus rares au monde. C'est une vraie mer d'eau douce intérieure avec de nombreuses îles. Il s'agit du plus vaste secteur lacustre d'Europe. Je m'arrête à Païhäniemi. Sans le savoir, je suis entourée de tranchées qui ont vu les combats contre la Russie en 1940. Au matin, le sol est blanc de neige. La météo n'avait pas prévu cela. Décidément je remonte une nouvelle fois le temps pour une nouvelle plongée dans l'hiver. Je chemine le long d'une belle plage de sable rose. Le vent provoque de belles vagues. Plusieurs fois Tiago veut les attraper. Je l'empêche de jouer dans l'eau, il ne fait pas un temps pour se baigner. Il me lance son regard de pauvre toutou incompris. Quelques lancers de bâtons lui font oublier sa déconvenue.


Je m'arrête à Imatra pour le déjeuner et travailler. Il fait un temps magnifique avec toujours de grosses bourrasques de vent. Une digue est posée à l'entrée du port sur le lac. Les vagues se déchaînent. J'ai l'impression d'être en bord de mer. 


Je passe la nuit sur une île à Tailpalsaari. Je cherche toujours le phoque annelé. J'ai la surprise de prendre un ferry câblé pour rejoindre l'autre rive. Ce service existe dans une quinzaine d'endroits du pays. Il fonctionne toute l'année et il est gratuit. J'embarque seule à l'aller comme au retour, une navigation privée en quelque sorte. Tiago s'en donne à cœur joie sur des centaines de mètres de plage. Le vent souffle toujours, les vagues énervent mon chien. Il en a beaucoup trop à attraper. Je me vois bien dans quelques semaines traversant ce lac à la nage pour me rendre sur la petite île. Je trouve une tête de brochet accrochée à un tronc d'arbre. C'est une tradition qui signifie que la pêche est bonne à cet endroit. Ils sortent des brochets jusqu'à 20 kg dans ce secteur. Les saumons font entre 5 et 10 kg. J'entends des pics un peu partout. Quand je vois l'état de certains arbres, je me dit qu'ils doivent avoir des garde-manger plus que conséquents. J'adore ces sous-bois entre rochers, mousses et lichens. Un environnement apaisant qui correspond à ma personnalité ; le roc pour la solidité, la mousse pour la douceur et la tendresse. En reprenant la route, au loin, j'aperçois un Tetra lyre. J'ai juste le temps de prendre l'appareil photo mais pas de faire la mise au point. J'ai tout de même une photo de l'oiseau avant de le voir décoller difficilement et voler de façon disgracieuse. Il paraît bien trop lourd pour planer loin. Vous ne pouvez pas imaginer la bouffée d'émotion qui m'a transpercée. Jamais je n'aurai songé en voir un.

Nouveau spot sur une aire qui appartient à une association à Myllykoski. Un site très luxueux qui comporte notamment un kota fermé avec feu, ustensiles de cuisine, électricité par énergie solaire et wifi. Je peux ainsi travailler au chaud, le temps s'est couvert et le vent souffle toujours. Je ne mets pas le chauffage dans le véhicule. Un peu de confort ne me fera pas de mal. Je suis bercée par le bruit de la chute d'eau dans mon dos. On peut en faire le tour par un bel aménagement de passerelles en bois. Pendant la promenade, je fais un bout de route avec un finlandais. On papote en anglais bien sûr. Il est étonné de voir Tiago m'obéir avec de simples onomatopées. Mon chien fait son fayot pour avoir doubles caresses. Je le connais le gamin, il faut dire qu'il a encore progressé. Je découvre un champ de grandes Pétosites. Il paraît que l'odeur est pestilentielle, elles n'en sont pas moins magnifiques.


Je m'arrête à Parikkala. je quitte la résidence du phoque fantôme. Il me faudra revenir pour essayer de l'apercevoir., lors d'un nouveau voyage dans ce pays. La Finlande me plaît énormément, je garde la côte est en réserve pour une autre fois. Je fais une randonnée sur la colline de Haukkavuori (montagne de l'Aigle). Remontons le temps et transportons-nous en 1323, 1595 puis 1721. A ces époques, le pays était suédois. C'est sur cette colline que trois traités de paix ont été signés avec la Russie. Nous sommes au point culminant de la Carélie du Sud, son sommet s'élevant à 78,90 mètres au-dessus du lac Sarajärvi. Je bénéficie, en effet, d'une belle vue du haut de cette falaise. C'est d'ailleurs un des plus beaux points de vue de la région. Les sentiers de randonnées sont multiples. Je prends plaisir à gravir ces mini cols.  Je commence à regretter de ne pas avoir un beau canoé pour découvrir ces sites par voie d'eau.


Direction Palalampi, la frontière russe. La Finlande partage 1.340 km de frontière avec sa voisine la Russie. On comprend mieux les incursions russes pour s'emparer du territoire. Cette zone est connue pour sa richesse en faune sauvage, je vais la longer partout où cela sera possible. J'ai déniché une belle randonnée de 17 km, il me reste à trouver un lieu pour passer la nuit. Il n'existe pas de parking par ici. Je m'enfonce dans les bois par un beau sentier et déniche un petit coin juste assez grand pour mon véhicule. Tiago trouve tout de suite sa place. J'ai encore quelques heures de travail à faire pour ce dernier jour du mois. La semaine passée avec Leïla m'a fait prendre du retard. J'entends une voiture arriver. Il s'agit d'un superbe utilitaire 4X4 des gardes-frontière. Pour surveiller le secteur, une zone frontalière de 3 km se trouve devant la frontière terrestre. Se déplacer sur cette zone requiert un permis dont la demande se fait sur internet, elle est gratuite mais obligatoire sous peine d'amende. J'ai bien du mal à suivre les explications, le garde parle très vite. J'en saisis l'essentiel et il me donne l'adresse du site pour que je puisse m'inscrire. On passe un bon moment à discuter. Il est curieux de savoir pourquoi je suis ici et ce que je fais. Il prend l'adresse de mon site de son côté. J'en aurais bien fait mon quatre heures. Puisque, maintenant, je ne peux espérer faire une belle rencontre que par le hasard des routes. Son collègue, lui, ne parle pas mais prend les photos du véhicule, du chien et de moi-même. Il porte des beaux sabots plastiques, trop mignon. Le prestige de l'uniforme en prend une claque. Ils scannent ma pièce d'identité, mon passeport et mon permis de conduire. En rigolant je leur dis qu'il ont un vrai shooting photo de ma personne. Tiago a droit à un gros câlin. Il a de la chance. Tôt le matin nous partons en randonnée. Il fait un temps magnifique et pas un souffle de vent. J'ai retiré une couche de vêtements. Partout je vois des crottes et des empreintes d'élans. Plusieurs fois les sous-bois craquent et Tiago me montre que des proies nous entourent. Pourtant, nous n'en croisons aucun. Nous arrivons sur une nouvelle aire de repos avec un autre Kota, plus rustique mais toujours aussi accueillant. Nous cheminons entre lacs et sentiers en passant sans arrêt de petits dénivelés. Je découvre un épicéa-serpent. Ils sont paraît-il très rares. Une mutation naturelle s'est produite pendant sa croissance. C'est une forme génétique aberrante de l'arbre et non une maladie. Il porte des branches "serpentines", torsadées, longues et fines. Il ne développe que quelques bourgeons et branches, les rares aiguilles sont anormalement longues et ne se développent qu'à l'extrémité de ses branches.


J'arrive à un petit port de pêche à Turusenniemi. Il fait bien chaud, je laisse la porte ouverte jusqu'à plus de 21 h. Cependant, j'ai mis en place la moustiquaire, les moustiques viennent de faire leur apparition. Premier lieu que je découvre où les déchets sont nombreux, les toilettes et le barbecue sont dégoutants. Qu'importe, le coucher de soleil me fait vite oublier ces désagréments. La randonnée du matin me transporte au 18ème siècle.  Une église de 1758 surplombe un beffroi de 1760 et plus bas je distingue au milieu de la verdure le presbytère de 1841. je marche sur des petites crêtes ce qui me permet de découvrir des courlis de Sibérie, ainsi qu'une grive litorne.

Je rejoins le parc de Petkeljarvi. Encore un parc qui est bien connu pour la présence d'ours et d'élans. Je fais deux randonnées magnifiques entre lacs et crêtes. J'ai très chaud aujourd'hui. J'apprécie les petites rafales de vent. Cette crête s'est formée il y a 15.000 ans. C'est une ancienne calotte glaciaire de plus de 100 km de long qui part de Russie pour terminer son chemin ici. Ces petits dénivelés bien secs mettent mes mollets à rude épreuve, mes jambes sont rouillées, les genoux trinquent dans les descentes ; qu'importe, je suis tellement bien, heureuse. Je traverse encore une superbe aire de repos avec maison-dortoir, sauna, barbecue, abri à bois. J'ai vraiment le coup de foudre pour la Finlande. Je me vois bien à ski, en raquettes ou avec des chiens de traineau pendant la période hivernale. Passer les soirées au coin du feu en admirant les aurores boréales. Sortir à la cueillette des baies, fruits et champignons la saison venue. Il n'y a pas un seul finlandais que je croise qui n'ait pas le sourire. Ils ne sont pas nombreux à vrai dire, je continue mon périple en solitaire la plupart du temps.


J'arrive au parc Tapion Taval, je ne peux pas être plus proche de la zone frontalière russe. D'ailleurs, je suis espionnée. En allant sur mon moteur de recherche, un message éphémère m'indique que je n'ai pas le droit de me servir de cette page. J'ai juste le temps de lire "Forbidden" et plus loin  "Russia". Le réseau est très mauvais, je n'ai pas le temps de m'en occuper. Je fais juste un nettoyage rapide de l'ordinateur et du téléphone. Je repars arpenter les bois. Cette fois-ci nous longeons un bon moment une magnifique rivière paisible. Qu'il doit faire bon s'y baigner. Je m'offre deux pleines poignées de canneberges. Elles ont passé l'hiver sans se dessécher ni moisir. Elles sont succulentes, juteuses à souhait, quel délice, quel bonheur, quel cadeau. En parlant de bonheur, je croise la route du prince charmant, un crapaud. Tiago le renifle sans montrer d'intérêt particulier. Au début des passerelles, une vipère péliade monte la garde. Je tapote la planche pour provoquer des vibrations. Le serpent part tranquillement se cacher dans les herbes. Encore une aire de bivouac dont je ferais bien ma maison. Tout est là, un emplacement privilégié avec une belle vue, une maison avec un toit neuf et surtout la source. Je suis arrivée également, sur une aire de bouquinage. Un lièvre variable en pleine mue prend la pause. Il a encore les oreilles blanches. Je croise la route d'autres courlis de Sibérie, cet oiseau migre sur près de 30.000 km entre Sibérie et Australie. Un chemin que j'aimerais parcourir prochainement. Une autre aire de repos, où je fais une visite privée du chalet en fuste en bord de rivière. Ces lieux m'enchantent. Pour traverser cette rivière, il faut emprunter deux bacs différents. J'ai bien du mal à ramener le premier. Tiago veut m'aider mais il tire sur le mauvais câble. Il s'empresse de monter dans l'embarcation, il apprécie ce mode de transport.


Me voilà au parc de Patvinsuo, Le Parc à ours. Encore plus de 20 km à déambuler dans la forêt sans en apercevoir aucune trace. A croire que les animaux me fuient. De nouveau, je profite d'un bac pour traverser la rivière. Tiago attend impatiemment l'embarquement. J'ai le coup de main maintenant et le chien à le pied marin. Je tire avec mes bras ; il n'y a pas si longtemps que cela, un cheval de trait tournait sur un radeau pour ramener les grumes fraichement coupées. En traversant une rivière, un moment rare, je vois un couple de harles piettes en apnée, ils pêchent sans doute. En sortant de l'eau, ils passent tout près de moi. Je prends quelques gouttes d'eau au passage. C'est fascinant comme ils peuvent se mouvoir dans l'eau et dans les airs. Ils ont dû avoir une peur en me voyant. 

Je profite de longues journées, le soleil se lève à 5 h et les oiseaux s'annoncent par leurs chants mélodieux. Le soir, la nuit n'arrive pas avant 22h30. C'est pourquoi je suis bien souvent sur les sentiers avant 7 h. Je rentre pour déjeuner, travailler et souvent faire une sieste. Puis c'est la balade tranquille de l'après midi où je roule.


J'arrive au petit parc de Reposuo. J'ai fait le plein de carburant et les courses avant cela. J'ai roulé presque 1.000 km depuis Helsinki, les kms s'enchaînent sans que je m'en aperçoive. Je n'ai pas l'impression d'avancer si vite pourtant. J'ai parcouru plus de 300 kms à pied. Mes muscles et mes articulations, eux, savent me le rappeler chaque matin. Malgré toutes ces étendues parcourues, je ne vois toujours pas de mammifères. Les oiseaux se font plus rares également. Pourtant les traces de leur passage est visible : empreintes, crottes, touffes de poils. Je patiente, je les retrouverai tôt ou tard. Le site est paisible, Tiago prend rapidement sa place préférée, en boule au pied d'un arbre. La randonnée matinale nous fait suivre les lacs, forêts et tourbières, emblèmes incontournables du pays. On pourrait croire que je me lasserais de ces paysages. Bien au contraire, ils m'emportent tous les jours dans des états contemplatifs profonds. La paix et la sérénité qui m'enveloppent s'accroissent au fil des jours. Je ne voudrais être nulle part ailleurs. Chaque découverte me conforte dans l'idée de poursuivre ma route le plus longtemps possible.


J'arrive au Centre pour chiens de traîneau Eräkeskus. Non pas pour partir en virée, il n'y a plus de neige ; seulement pour avoir de l'eau. Je pensais en trouver là où j'ai fait le plein, seulement le service ne fonctionne qu'à partir du 15 mai. Je n'avais d'autre choix que de venir ici et payer une nuit de parking. Antonio, un volontaire, me fait visiter les lieux. Pas loin de 85 chiens sont réunis ici. Bien qu'ils soient en cage, comme tous les chiens de traineaux, leur lieu de vie est bien organisé. Ils ont un grand parc pour se détendre par petits groupes. Je discute un bon moment avec Bianca, la propriétaire. Je la sens passionnée et elle aime ses chiens. Pour le coup, je vois du monde et je parle anglais. Ce ne sont pas des chiens de compétition. Ils partent avec les touristes sur les lacs gelés l'hiver. Aux beaux jours, ils sont promenés. Apparemment ils dorment 18 heures par jour l'été, leur activité physique est donc restreinte. Une grande partie d'entre eux sont des Alaskans, les autres sont des croisements de chiens-loups. Au réveil, je fais une promenade avec Tiago sous de gros flocons de neige. Le temps est vraiment changeant, un jour je suis en tee-shirt et le lendemain je ressors le blouson. Me voici bénévole de bon matin pour sortir les chiens, les câliner et nettoyer les chenils. Un peu de travail physique me fait du bien.


Je rejoins le petit parc de Mujejärven, j'ai fait plus de 50 kms de très bonnes pistes pour arriver là. Juste avant je m'arrête en bord de routes pour observer des oies, cygnes et grues groupés au même endroit pour festoyer. On reconnait bien les jeunes cygnes dont le plumage est encore un peu grisâtre. Pour cette randonnée, il est indiqué que le sentier de poutres en bois n'est plus entretenu depuis 2013. Ici ils utilisent de grosses poutres épaisses de 6 cm avec des mortaises en bois pour tenir l'ensemble. En effet, le bois est troué, cassé, déplacé, voir inexistant.  Cela rend la balade plus acrobatique.  Je suis étonnée de voir beaucoup de mouettes à l'intérieur des terres. La mer est loin pourtant. Plusieurs fois je tombe sur des crottes de Tétras, on dirait des granulés pour animaux. J'arrive à une aire de pique-nique, le refuge en bois est occupé par une famille de 4 personnes. Ils sont là pour bivouaquer mais ne veulent pas dialoguer. Je pensais trouver deux petits bacs mais ils ont été remplacés par deux superbes passerelles avec table de pique-nique. Toujours pas de mammifère, la vue sur les lacs par contre est vraiment trop magnifique. Les lacs m'inspirent tellement que j'en ai conçu un texte, cliquez sur le mot lac pour le découvrir.


Changement de paysage avec les gorges de Hiidenporttu. Un site rocheux qui longe un beau torrent. Les gardes-forestiers sont à pied d'œuvre ici, l'ensemble du sentier en bois est en cours de réfection. J'aimerais bien savoir comment les poutres sont amenées ici ; j'ose espérer que ce n'est pas avec des hélicoptères. La randonnée serpente au milieu d'épinettes, la forêt est jeune ayant subi de nombreux brûlis. Je parcoure un enchevêtrement d'arbres tombés au sol et de roches moussues.  Je me fais une belle peur en refaisant un lacet de chaussure, je suis accroupie à quelques dizaines de centimètres d'une vipère péliade bien dressée devant moi. J'entends distinctement son sifflement caractéristique. Je me redresse lentement et lui jette quelques brindilles pour pouvoir passer en sécurité. Elle part paresseusement, mécontente de quitter son coin ensoleillé. Quelques dizaines de mètres plus loin, je vois Tiago en attraper une, elle a le temps de le mordre au menton. Quelle nouille celui-là, il me les fera toutes. Le véhicule est encore à plus de 2 kms, je réfléchis rapidement. Depuis que nous avons découvert ce reptile avec Leïla, je me suis renseignée. Le venin n'est pas mortel. Les effets de la morsure apparaissent dans les 30 minutes et l'anti-venin, dont l'efficacité n'est toujours pas prouvée, possède les mêmes effets secondaires que la morsure. En 30 minutes on sera au véhicule, le vétérinaire le plus proche est à 140 kms. Je décide de revenir tranquillement. Tiago devient léthargique, il traîne derrière moi en me regardant piteusement. Rapidement un œdème gonfle sur les babines. J'ai décidé de le soigner moi-même. Je lui prépare de l'eau d'argile pour l'élimination. Je lui frotte les gencives et la morsure avec des huiles essentielles de Tee tree pour son effet antiseptique, des huiles essentielles de laurier noble connues pour leur effet anti- inflammatoire et anti-décongestionnant. Il me reste des granules de Hepar Sulfur pour le traitement anti-infectieux. Je ne suis pas trop fière de prendre cette responsabilité. De toute façon pour que l'anti-venin soit optimum en efficacité il faut l'administrer dans les 30 minutes, c'était impossible. Je garde mon chien sous étroite surveillance et le laisse à jeun pour la nuit. Au matin, il est vraiment bien gonflé, tous les autres signes cliniques sont positifs. Il mange avec avidité, me fait une grosse fête. On part en petite balade. Je vois qu'il fatigue rapidement aussi je le mets au repos pour la journée. J'entends d'ici les remarques, critiques et points de vue de tous bords. J'ai préféré agir de cette façon car j'ai de moins en moins confiance en la médecine. Moi la première, j'ai subi 7 opérations et on m'a gavée de médicaments en tout genre. C'est pourtant le yoga et une bonne hygiène de vie qui m'ont remise sur pied. Que chacun agisse à sa guise. J'ai fait mon choix.



Jamäsvaara, je rentre dans le territoire des 6 Grands Finlandais : élan, renne, glouton, loup, lynx et ours. Depuis que j'ai mis les pieds au Pays Baltes, les mammifères ont disparu. Les signes de leur présence sont pourtant bien visibles, mais eux se cachent. La période des naissances doit y être pour beaucoup. Je patiente, je traque, je prends presque des crampes aux mollets à marcher sur la pointe des pieds pour éviter tout bruit malencontreux. Tiago qui est guéri, lui, sent très bien de nombreuses  présences. Il est parfois intenable. Je découvre une ferme de 1850 typique de la région de Kainuu. Elle est posée au sommet d'une colline, avec une étable, un sauna, un abri à bois et un puits. La maison est restée inhabitée pendant de longues périodes. Beaucoup de gens partaient vers l'est, en Russie, à la recherche d'une vie meilleure. Les dernières personnes à avoir vécu là formaient une famille de 5 personnes. La végétation se modifie. Je prends la photo de mon premier Lagopède, loin à la cime d'un arbre et en contre-jour. La photo n'est pas fabuleuse.


Pilojarvi, un nouveau parc où je flâne entre forêts et tourbières. La journée débute sous de joyeux auspices. Je découvre la Bergeronnette printanière et le Chevalier arlequin. Quel bavard ce dernier, il nous voit arriver de loin et alerte toute la populace. Pourtant je devrais en voir des animaux ici. Il y a de cela 10 jours, j'ai rencontré une Lapone qui m'a montré la randonnée sur laquelle je chemine aujourd'hui. Elle y a vu 2 louveteaux et une ourse. J'espère avoir autant de chance. Malheureusement, un orage arrive à toute vitesse et je termine les 6 derniers kilomètres sous le déluge. A l'arrivée, il me faudra vider les chaussures, elles sont gorgées d'eau. Pas de panique, une douche, froide, puisque je continue à préserver mon stock de GPL pour le frigo et le réchaud. Par contre, je m'octroie une bonne boisson chaude revigorante. Je regarde un film en attendant que la pluie cesse pour reprendre la route.


Il est près de 20 h, je roule prudemment car la piste est détrempée et je crains les traversées de route par les animaux. Justement, devant moi, une ourse a voulu traverser et a fait demi-tour. Enfin mon rêve se réalise. Je vois un ourson descendre d'un arbre. Ils partent tous les deux au galop. Je vois l'ourse se dresser sur ses pattes arrières pour évaluer le danger. Elle le fait 3 fois et reprend sa course avant de disparaître. Par un fabuleux hasard, l'appareil photo était sur vidéo. Je peux visionner quelques secondes de cette rencontre. Le souvenir, lui, est gravé à tout jamais dans ma mémoire. 


Islo-Polonen, c'est la continuité du parc précédent. Ici les professionnels proposent de l'affût pour prendre des photos des grands mammifères. Je me débrouille toute seule. Hier soir j'ai vu l'ours, à quoi m'attendre aujourd'hui ? Je commence par une randonnée bucolique. J'ai l'impression d'être dans un jardin. Les Soucis d'eau ou  Populage des marais sortent de toute part le long des rives du lac. La chaleur des derniers jours ont fait ressortir les arômes des sous-bois. L'air embaume de mille parfums. Derrière un arbre, mon regard est attiré par un mouvement. Quelle surprise ! Mon premier renne. Apparemment un jeune mâle. J'ai l'impression qu'il joue à cache-cache avec nous. Il tourne autour de nous et se laisse voir sous toutes les coutures. Je vois qu'il est bagué à l'oreille. C'est une sous-espèce qui est appelée Renne des forêts sauvages. C'est le plus grand renne européen. Effectivement j'ai un beau morceau devant moi. A un moment il part à l'amble, malgré son côté dégingandé, il est réellement gracieux.

Des chercheurs finlandais et russes ont lancé une étude collaborative complète sur la population en utilisant télémétrie, étiquettes, colliers reliés à des satellites pour suivre les populations rares et menacées du Rangifer Tarandus Fennicus, que l'on trouve dans l'est de la Finlande et le nord-ouest de la Russie. Dans la région de Kainuu où je me trouve, ils ont dénombré 793 individus.

Tant de kilomètres parcourus à pied pour enfin voir un ours et maintenant un renne. Je vis et je vibre pour ces fugaces moments de nature sauvage. Quelques secondes de ces visions embellissent mes journées. Je m'endors le sourire aux babines et je me réveille de même. Qu'importe les problèmes du quotidien, quand j'ai la chance de vivre ces moments. Dire que je n'en suis qu'au début de mon voyage !

J'en suis à ma 3ème nuit au même endroit. Hier, ce fut une journée de repos car il a beaucoup plu. J'ai lu, regardé des films, échangé avec la famille et les amis, fait de la couture et une sieste. Un autre rythme de journée qui ne fait pas de mal. Ce matin j'ai revu un renne. Il était timide celui-ci, il a passé son temps à se cacher. Nous avons croisé une autre vipère, Tiago l'a regardée tout en pressant l'allure. J'espère pour lui qu'il a compris la leçon. Quant aux  gardes-frontières, ils sont passés hier et aujourd'hui mais sans s'arrêter, je suis bien inoffensive pour eux.

Je rencontrerai un autre renne dans ce lieu enchanteur, il était trop timide pour accepter d'être pris en photo. Un tétras-lyre s'est envolé aussi à quelques mètres. Je n'ai pas à me plaindre, bien au contraire, j'estime avoir une chance inouïe. Quand je pense à ces photographes professionnels qui passent des semaines, voir plus, à l'affut, pour voir un animal. Je me rends compte qu'il m'est tout de même facile d'en croiser régulièrement.


Avant de passer une nuit à Kirnulampi, je m'arrête sur un parking en bord de nationale. Je ne suis pas sûr d'avoir de la connexion là où je pense dormir, aussi je déjeune et je travaille avant de finir la route. Au bout d'un moment, je me fais la réflexion qu'aucune voiture ne passe sur ce grand axe. Innocente que je suis, la frontière est à 5 kms, comme elle est fermée, il est bien normal que le trafic soit nul. Je comprends mieux pourquoi les maisons et l'hôtel restaurant sont abandonnés. D'ailleurs, un utilitaire des gardes-frontières s'arrête deux fois à mon niveau. ils me font juste un signe de la main. 

La randonnée du jour est plus qu'acrobatique. De multiples troncs d'arbres entravent le sentier ; sans compter les planches qui sont inexistantes, cassées, cachées sous la mousse rendant la marche hasardeuse et glissante. J'aime bien, une façon de mettre du piquant dans la sortie. Je passe mon temps à rire. Tiago enjambe l'ensemble d'un petit saut, tout en souplesse. Il ne se gêne pas pour me lancer un coup d'œil de temps à autre, l'air de dire : ça va tu arrives à suivre ! Les conifères sont parés de barbe de vieillard. Il s'agit du lichen Usnea. Il se caractérise par cet aspect filandreux et pendant. Sa couleur indique la bonne qualité de l'air. Si l'air n'est pas pur, le lichen ne peut pas prospérer. Je marche maintenant, au royaume des fourmilières, j'en trouve très régulièrement. Elles font parfois ma taille et ont cette particularité d'avoir un toit végétalisé. Les fourmis doivent être installées là depuis bien longtemps.


Jour des courses, je fais un détour exprès par Suomussalmi pour trouver un supermarché. Je trouve peu de nourriture bio, à mon grand désespoir mais je repars avec un panier de fruits et légumes de production locale pesant 4 kg 696 pour la modique somme de 3,05 €. Je n'avais aucun commerce à 100 kms à la ronde. Il faut être prévoyant dans ce secteur finlandais. Je continue ma route et me retrouve nez à nez avec des rennes d'élevages. Ils sont bien plus petits que leurs congénères des bois et bien reconnaissables avec leur collier en cuir. Depuis plusieurs jours, un orage éclate en fin d'après-midi, mes trois paires de chaussures sont trempées. Elles sèchent assez vite pourtant puisqu'il fait 24 degrés voir plus dans la journée. Pour la première fois, j'ai dormi avec porte et fenêtres ouvertes. Je me pose à Karttimonjoki après avoir emprunté une piste bien boueuse. A peine partie marcher, je vois un aigle en plein vol, qu'il est loin. Je fais la connaissance du Geai de Sibérie. A l'inverse de notre geai des chênes, il est silencieux et très curieux. Plusieurs d'entre eux me suivent dans les bois. Je dors près d'un torrent tumultueux au bord duquel se trouve les restes d'un moulin à farine. Je déniche une vieille maison Russe en bois, vraiment magnifique. Je continue ma cueillette de canneberges de l'an passé, chose surprenante, les fleurs de l'année sont sorties sur d'autres arbustes. Je découvre également de beaux papillons noirs.

J'ai pris le temps de regarder à quoi correspondaient exactement les poteaux rouges.Il s'agit d'une borne historique de signalisation forestière finlandaise gérée par Metsähallitus, l'office public des forêts de Finlande. L'inscription "Valtion Metsää" se traduit par "forêt domaniale". Ce poteau était utilisé jusqu'à la fin des années 1960 pour délimiter et signaler l'entrée des espaces forestiers. L'accès à ces forêts publiques est régi par le Jokamiehenoikeus (le droit d'accès à la nature), permettant à chacun de s'y promener librement et d'y cueillir des baies ou des champignons.

Voilà un mois que je parcours la Finlande. Rien ne me presse, je trouve que je roule déjà beaucoup ; bien que je passe souvent 2 nuits ou plus au même endroit. Je n'ai aucun planning. Je repasserai en France avant la fin de l'année, c'est le seul fait établi.


Je me gare aux portes du Parc national de Hassa, il est interdit d'y passer la nuit. Une fois n'est pas coutume, je travaille le matin. Puis je me prépare un festin : poêlée de navets et asperges accompagnée de poulet mariné aux herbes et au citron. Il est bien rare que je fasse de la cuisine ainsi élaborée. J'aime les choses simples et rapides. J'ai un sommeil peu réparateur depuis quelques temps. Mon organisme doit s'acclimater à l'ensoleillement quasi perpétuel, aussi je m'octroie une sieste avant de partir marcher. Les allées forestières ne me plaisent pas plus que ça, je suis les voies de motoneige qui sillonnent ces bois continuellement. Nous croisons un troupeau de rennes d'élevages, bien qu'en liberté, ils sont rassemblés dans leur corral.

Par contre, la découverte du canyon Julma Ölkky me procure une joie immense. Bien que l'altitude soit très faible, la randonnée me donne l'impression de marcher en petite montagne. La vue est magnifique entre rivières, falaises et forêts dense. Nous avons pris le vélo pour arriver là, nous enchainons donc 12 kms de vélo et 16 kms de marche. Tiago en redemande, je le pousse au grand galop à côté du vélo. Il tient le rythme à 22 km/h pendant quelques centaines de mètres, puis il reprend son trot rythmé à 12 km/h. Je fais de nouveau une sieste avant de reprendre la route. Chacun sa cadence.


Le mont Livaara nous accueille par un jour gris et froid. Et pourtant, hier, il faisait encore chaud avec un ciel magnifique. Je ressors les vêtements d'hiver pour quelques jours. Attention je grimpe à 439 m d'altitude, j'ai perdu l'habitude. 



Je m'arrête à la station de ski de Ruka pour une bonne et simple raison, c'est le seul endroit depuis Helsinski qui propose une laverie. Elle est située dans un hôtel 4 étoiles. Je n'ai pas lavé mon linge depuis 5 semaines, je lave et sèche mes affaires pour la modique somme de 8 €. Le local nous est laissé à ce prix pour 4 heures, je fais tourner 3 machines. Qu'il est bon de refaire son lit avec des draps bien propres. Je reste deux nuits sur place, les randonnées et la station sont jolies, les rennes arrivent de partout, à croire qu'ils jouent le rôle de tondeuse dans les jardins. Il fait 2 degrés le matin et 6 dans le véhicule, pour travailler devant l'ordinateur, j'ai connu plus confortable. Je m'adapte encore une fois, je renforce mon immunité, je sors encore un peu plus de ma zone de confort. Le changement de température est vraiment radical et la météo annonce 20 degrés dans quelques jours. Je n'ai pas envie de faire un couplet sur le changement climatique, les faits sont là pour le prouver, mes proches en France en subissent les conséquences également.


Je me retrouve, pour mon plus grand plaisir, de nouveau au milieu des bois pour découvrir le canyon d'Oulanga. Je passe également deux nuits ici. Un silence absolu, juste troublé par le coucou que j'ai trouvé sur ma route depuis quelque temps. Non seulement ils appellent sans arrêt et apparemment ils sont nombreux autour de moi, mais ils font entendre leur "ha-ha-ha" caractéristique, en fin de trille,  qui ressemble à un cri de singe, à croire que je suis dans la jungle. Je fais 3 grosses randonnées ici, j'ai le choix des directions et des distances. Les basses températures me réveillent tôt, je profite de journées extrêmement longues. Comment vous décrire ce canyon ? Les arbres déclinent la nuance du vert à l'infini, le paysage paraît velouté, la marche est semée d'embuches entre les rochers qui affleurent et les racines tortueuses qui forment des escaliers improbables. Je salive en découvrant les arbustes en fleurs ou déjà à l'état de fruits, qui donneront naissance aux canneberges, myrtilles et framboises. Je vais me régaler dans quelques semaines avec toutes ces saveurs. Je traverse des torrents tumultueux à l'aide de passerelles himalayennes, je fais tanguer Tiago à chaque passage, ils me jette des regards noirs et moi je rigole. Les rapides se déversent d'un étang à l'autre dans un fracas absolu, des rampes de canoés sont installées à chaque point sensible, je me vois bien dévaler sur ces pentes vertigineuses avant de me jeter à l'eau. Les falaises sont splendides, le grès rose refait son apparition.



Demain j'arrive en Laponie et je passe le Cercle Arctique. Vous pourrez suivre mes aventures dans mon prochain article.


En attendant, ci-dessous la compilation de mes mini vidéos journalières :





Séphora PInabel 26 avril 2026
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