
Après quelques jours chez moi pour faire du bricolage, un peu de mécanique et préparer la maison pour les futurs locataires, me voici de nouveau sur les routes. Je rejoins Stéphane chez lui, puis nous partons pour un weekend chez Nathan. Stéphane découvre l'univers VRtueux. Il s'essaye aux jeux sur la plateforme multidirectionnelle et prend grand plaisir à conduire les voitures de courses sur les plus grands circuits. Je pilote ma première Formule 1. Nous en ressortons un peu flageolants. Les sensations sont vraiment troublantes.
Nous voici sur les routes de France pour rendre visite aux amis et à la famille. Une nuit au château de la Roche. Nous prenons un rythme de voyage chrono en main. Randonnée le matin, l'après midi je travaille et nous devons rouler entre deux pour avaler les kilomètres.

Stéphane roule de château en château. Nous passons la nuit à Saumur. Mon rêve de jeunesse d'être cavalière du Cadre noir de Saumur s'est éteint très tôt. Ma passion elle, n'a pas faibli.
Nous arrivons aux abords d'Angers. Les hasards de la vie m'ont fait rencontré une femme formidable qu'il me tenait à cœur de revoir. Une femme qui, malgré les difficultés, reste pleine d'entrain et de dynamisme. Remplie d'une générosité débordante, elle m'accompagne depuis plus d'un an à distance. La soirée et le moment que nous échangeons resteront gravés à jamais. Merci d'être là et de partager mon chemin de vie.

Mon enfance s'est déroulée dans le Pays d'Auge. Voyage dans le temps qui me permet de faire découvrir à Stéphane des villages incontournables. Nous arrivons à Saint Pierre sur Dives avec sa halle couverte gigantesque. C'est ici que j'ai participé à mon premier concours de chant. L'abbaye et son cloître que j'ai toujours connu en travaux. Ils sont enfin achevés. Dans cette petite ville, j'ai vécu de mes 9 ans à mes 19 ans. Au départ dans une barre d'HLM qui a été détruite depuis. Pendant que mon père construisait une maison en 1981, dont la vision m'a vraiment fait plaisir. Un beau et solide pavillon où l'ancien côtoie le moderne. Les encadrements de portes et fenêtres sont en poutres anciennes. La brique trouve son équilibre au milieu du bois. Le plafond à la française dans le salon n'a pas une ride. Les propriétaires actuels nous accueillent, bien heureux de vivre ici. L'enduit de façade que mon père avait projeté à la tyrolienne est comme neuf après un simple nettoyage au karcher. Nous continuons par Mesnil Mauger. Un autre pavillon qui a accueilli mes premières années de 2 ans et demi à 9 ans. Le village a bien changé. Nous étions au milieu des champs. Toute la zone est maintenant pavillonnaire. La route menant à l'école est dorénavant sans issue. Il faut passer à pied sous la voie de chemin de fer pour rejoindre l'école de mon enfance.
Nous continuons par Crèvecœur en Auge et Beuvron en Auge, les villages typiques du Pays d'Auge. J'ai travaillé dans cette crêperie l'été de mes 17 ans, l'année où je faisais mes stages agricoles. Nous passons d'ailleurs le weekend avec la famille qui m'a accueilli à l'époque. Sans nouvelle depuis près de 30 ans, nous avons renoué les fils de l'amitié depuis quelques années. Stéphane en apprend ainsi un peu plus sur la jeune fille que j'étais. Il est plaisant de compléter ses propres souvenirs avec la mémoire des autres. Merci à toi mon ami normand de nous accueillir ainsi.
Nous arrivons chez mes parents le cœur débordant de joie et d'énergie. Malgré leur âge et leurs problèmes de santé, je les découvre pleins de vie et plus joyeux que jamais. Après 71 ans de mariage, l'amour et la tendresse se lisent toujours dans leurs gestes et leurs regards. Là aussi nous échangeons de nombreux souvenirs. Je découvre des fils de mon passé insoupçonnés. Le dernier apprenti de papa nous rend visite. Je découvre mon père blagueur comme je ne l'ai jamais connu. Je passe aux Archives départementales pour en apprendre un peu plus sur mon grand père polonais. Seulement, 11 registres attendent d'être épluchés. J'en feuillette seulement 3. Il me faudra revenir. Nous partons pour Dives sur mer où il a vécu, ma mère également. Sa maison d'ouvrier est toujours là. Les restes de l'usine Trafimeto où il a travaillé trônent près du port. Les maisons bourgeoises sont plus présentes que jamais.
Notre virée se poursuit vers Le Havre. Je retrouve ma fille pour quelques jours. Quels bouffées d'amour et de dynamisme j'engrange à chacune de nos rencontres. Une jeune fille qui mène sa barque à sa guise, intelligemment mais en complète liberté. Nous découvrons l'univers de la marine marchande au milieu de cette cité de béton. Je profite au maximum de sa présence. Rendez-vous pris à Tallinn le 11 avril pour nos retrouvailles.
Nous prenons la direction de Toul pour voir les parents de Stéphane. Un weekend qui me permet de réviser les règles de la belote. Le beau temps nous permet de faire de belles virées à pied et à vélo.
Nous repartons direction l'étang de Lindre. Les canards sont omniprésents, beaucoup de cygnes également nichent ici, différents pics et surtout des grues cendrées et la grande Aigrette. Les prendre en photos est chose difficile.

Nous poursuivons par le château de Wangerbourg. Un spot dans les bois et une belle randonnée nous permettent d'y accéder.

Puis c'est au tour du haut Koenigsbourg. 900 ans d'histoire nous contemple. Un château qui a été détruit plusieurs fois. Reconstruit en 8 ans début 20ème par l'empereur Guillaume II. Ce bel édifice redevient propriété française en 1919. Malgré les courants d'air glaciaux, la visite est un régal. Je vous laisse le découvrir.
Cette visite clôture notre voyage commun avec Stéphane. Quand nous retrouverons nous ? Nous n'avons pas la réponse. Ce qui est sûr c'est qu'il attendra que je sois dans un coin avec des températures clémentes. Pour l'instant je prend la route de la Pologne. Cette décision est la plus difficile. Je tourne le dos à mon amour, ma famille, mes amis. Je quitte toute relation sociale pour m'épanouir au gré des lieux et des rencontres. D'autres aventures m'attendent. Je suis seule à décider de mon retour. Libre.








