Pendant que le véhicule avale les kilomètres, mon regard s'attarde sur les montagnes qui m'entourent.
L'Espagne possède cet attrait, de multiples massifs montagneux aux âges et formes multiples.
Émotion quand tu me tiens et m'étreins...
Les paysages que je traverse accrochent mon œil. La terre est rouge, grise, blanche, noire, verte.
Je passe de canyons en canyons et m'imagine surplombant ces falaises en compagnie des vautours.
Je viens de longer un lac de barrage d'une couleur vert émeraude dont les sommets peuvent admirer leur reflet.
Une splendeur inimaginable.
La pierre m'attire et m'aspire.
Je reste ébahie devant l'ingéniosité de l'érosion pour sculpter la roche.
Comment s'imaginer le temps, la force nécessaire pour ciseler ces dentelles d'une finesse inachevée.
Souvent les larmes sillonnent mes joues.
Elles ont formé plus d'une fois des rides d'amertume.
Les images saisissantes que je perçois chaque jour ont creusé leur chemin .
Mon visage connait également le pouvoir de l'érosion, du temps.
Il est façonné à l'envi par toutes ces découvertes.
On peut y lire mes joies et mes peines.
Jamais un sentiment qui m'enveloppe ne me rend honteuse de pouvoir encore et toujours me réjouir des simples plaisirs de la vie.
Les pics acérés qui déchirent la brume tel un phare dans la tempête ouvrent des horizons lointains et des idées farouches de liberté sans limite.
Les stèles de l'immortalité dans leur déguisement rupestre se détachent une à une dans l'ardoise fine d'un livre sans fin.
L'émerveillement est toujours là, je trépigne toujours avant d'arriver au virage suivant .
Souvent le moment présent me retient d'aller plus loin.
Je vais de l'avant tel est mon destin.