LIBRE
J'arrive bien vite en Estonie. Les pistes sont vraiment trop difficiles en Lettonie. De plus je pense que ce pays est destiné à la découverte cycliste plus qu'à la randonnée.
Me voici dans la petite bourgade de Rouge qui regorge de pépites. Je commence par une randonnée en bord de lac et sous-bois qui me porte jusqu'au petit canyon Hinni Kanjon. Unique en son genre, il est taillé dans le grès. Qu'il est agréable de marcher sur un sol meuble, sans s'enfoncer dans la neige ou dans la boue. Je me sens bien légère et guillerette. Je passe encore le long d'une station de ski à environ 100 m d'altitude. Les notions de sommets sont bien différentes de mes connaissances présentes. Nous continuons vers la tour d'observation "Nid de cigogne" culminant à 30 mètres. Elle se fond bien dans le décor. Tiago n'est pas fier dans la descente sur les marches grillagées. Aurait-il peur du vide ? Je dois le réconforter et lui donner l'impulsion pour arriver en bas. Il n'en a pas terminé avec les émotions fortes. Il monte avec moi sur une grande balançoire. Que la vie est belle ! Nous continuons par les passerelles qui nous amènent vers une vieille roue de moulin.
La nuit suivante se passe au milieu des bois au bord du lac Paidra, sur un parking-camping calme et tranquille. Nous cheminons au milieu des arbres. La forêt commence à prendre des teintes d'un vert plus soutenu. Quand soudain un bruit de gros véhicule se fait entendre. Je croise 2 véhicules blindés. Ils s'arrêtent à mon niveau. Me voilà entourée de bidasses en tenue de camouflage. Ils partent dans les sous-bois. Je continue mon chemin et me fait doubler par 4 véhicules blindés et un camion de troupes. C'en est terminé du moment de sérénité forestière. Je croise ensuite les jeep des officiers. Je ne me sens plus à ma place. Ils détruisent les chemins et font un raffut du diable. C'est bien la peine d'être dans un pays qui prône la défense de l'environnement. Dès 8 h du matin, la nature doit se mettre au garde-à-vous. Je comprends pourquoi il y a tant de toilettes disséminées un peu partout. C'est pour éviter d'uriner voir pire sur un casqué. Je rentre au véhicule au plus vite. Je prends le temps de regarder de plus près l'aire de repos. Non seulement on trouve un stock de bois abondant. Mais un outil de coupe de bois est aussi installé avec le mode d'emploi. Ils pensent vraiment à tout. Les Pays Baltes font vraiment le maximum pour que les habitants sortent de chez eux et passent du temps dans la nature. C'est le RMK qui gère ses infrastructures. Le pendant de l'ONF. Ils ont créé une application qui regroupe tous les bivouacs.
Je suis partie bien rapidement alors que je comptais rester une nuit supplémentaire. J'arrive à la rivière Ahja, d'où une belle randonnée me mènera le long des falaises de grès de Sonajala. Pas moins de 28 falaises se découvrent en moins de 7 kms de rives. Une partie d'entre elles sont malheureusement englouties du fait de la montée des eaux après la construction du barrage. Je suis dans un petit paradis. Je retrouve ces bois de fées avec une épaisseur de mousses au sol qui invite au farniente. Le lichen pend des branches de conifères comme un voile translucide. Les bourgeons se gonflent de sèves. Je découvre bon nombre d'oiseaux et d'animaux, pas tous faciles à photographier. Je me régale de cette splendeur. Je savoure la vie qu'il m'est donnée de poursuivre. Un renard vient au devant de nous à travers champ, la truffe au sol. D'un seul coup, il lève le nez et nous aperçoit. Avec Tiago nous sommes à environ 50 mètres. Il bifurque bien vite et galope au loin. Un brocard et ses chevrettes sortent au galop d'un bosquet. Les couples de cygnes commencent à nager sur la rivière qui dégèle rapidement au soleil. Je fais la connaissance du Harle Bièvre, un canard que je n'avais jamais vu. Il est reconnaissable par son long bec mince et crochu, rouge. La femelle a la tête marron et sa crête est plus prononcée que celle du mâle. Sur mon chemin je rencontre encore les grues cendrées, canards colverts et pics épeiches. Une sortie mémorable entre toutes dans un paysage enchanteur.
Direction la Frontière russe, au village de pêcheurs de Mehikoorma. J'en profite pour recharger les batteries. J'ai accès à l'électricité avec la possibilité de faire juste un don. Ici un petit magasin de pêcheur propose du poisson comme de la perche à 3.50 €/kg. Le lac étant encore gelé, je n'en profiterai pas aujourd'hui. La côte russe est en vue à moins de 2 kms. Dire que c'est une distance que je peux parcourir facilement à la nage. Je suis vraiment déçue de ne pas pouvoir y mettre les pieds. Au diable la politique et la quête du pouvoir. La promenade matinale se termine avec la vision des premières fleurs de l'année. Les perce-neige pointent déjà. L'hiver me paraît maintenant loin. Pourtant le thermomètre affiche moins 4 degrés ce matin. Le soleil chauffe fort en journée. La neige a quasiment disparu. Les pistes sont sèches. Tout s'accélère.
J'ai visité Tartu. J'en ai pris plein la vue. Je ne suis pas déçue. Je décrète en ce jour de Printemps 2026, le premier jour du reste de ma vie. D'aucuns y verront un cliché, la simple volonté d'afficher quelques mots. Pourtant j'ai tant appris, tant donné, trop fait confiance et tant aimé. A Tartu, j'ai rencontré Petite Séphora, je me suis retrouvée pour mieux repartir. L'avantage d'être seule, la remise en question est perpétuelle. Aller de l'avant ou succomber. Tartu est une ville où tout se découvre à portée de pieds. Garée au lavomatique à 10 min du centre ville, j'ai pu arpenter les rues en toute tranquillité. Capitale culturelle du pays, j'ai découvert de nombreux trésors entre maisons en bois, parcs, édifices baroques, monuments moyenâgeux. Peu de circulation et des chauffeurs très attentionnés. Beaucoup de piétons affichant un air souriant. J'ai osé demander à un homme qui passait là de faire quelques photos. Il a pris son temps. Nous avons échangé un peu sur sa ville qu'il apprécie beaucoup. Un moineau ose prendre son bain presque dans les pattes de Tiago. Il reste imperturbable. Il a bien progressé le toutou tout fou. Une ville d'étudiants depuis plusieurs siècles avec leur université qui date de 1632. Je me sentais bien à déambuler par cette journée radieuse. Pendant ce temps, la responsable de la laverie s'occupait de laver et sécher mon linge pour un prix 30 % moins cher que dans les lavomatiques français. Elle m'a bien dit de ne pas me presser pour visiter sa ville. Tout est prêt à mon retour. Je croise le premier camping-car depuis Prague. Le Printemps arrive, son lot de vacanciers ne va pas tarder.
Je repars dans les bois. Je m'approprie une aire de pique-nique. En début de soirée un garde forestier arrive pour faire le plein de bois et nettoyer les toilettes. Tiago grogne pour assurer ma sécurité. Le garde me fait un sourire timide et repart rapidement le travail accompli.
Le spot suivant se fait au bord d'une prairie alluviale. Un joli chemin a été aménagé, serpentant le long des méandres de la rivière pour un superbe aller-retour. La faune et la flore sont extrêmement riches et variées ici. La tour d'observation me permet d'en avoir un bref aperçu. Pourtant il m'est impossible de faire la moindre photo tant ces animaux sont farouches.
En repartant, je fais le plein de GPL et d'eau. Il est bon d'avoir des embouts de différentes dimensions et un entonnoir. Parfois j'utilise un flexible de lave-vaisselle. Tous les moyens sont bons pour faire le plein d'eau le plus facilement possible. Il me manque un arrosoir de 10 litres. Certaines stations services des pays Baltes la mettent à disposition gracieusement en toute saison. Il faut le savoir. Dorénavant quand j'ai besoin de ce précieux liquide, je prends un peu de carburant. Ma façon de contribuer pour leur gentillesse.
Le vélo est de sortie en ce dimanche, un Hollandais, comme le chien. J'ai privilégié le confort au tout-terrain. Première fois qu'il sert depuis que j'ai quitté la France. Il voyage sur un porte-vélo bien emmitouflé dans deux bâches de transport. Il n'a pas souffert des intempéries. Un bon dépoussiérage, une petite révision et nous voilà Tiago et moi sur une belle piste cyclable. Nous découvrons le manoir de Olustevere datant du 17ème siècle avec son parc, ses écuries et sa ferme. Un tour de 18 kms qui suffit pour le chien. Il doit reprendre de l'endurance. Lui aussi aura droit à un bon nettoyage.
Parc Soomaa, traduire par terre marécageuse. Ce parc comporte deux particularités. Tout d'abord, il s'étend sur près de 40.000 hectares, sur lesquels n'existent que 9 sentiers de randonnées longs de 1,8 à 5,8 kms seulement. Soit un total de 32,9 kms que vous pouvez arpenter la plupart du temps sur des passerelles de bois pour ne pas vous embourber dans la fange marécageuse. Par ailleurs, il comporte 5 saisons. A la fonte des neiges, le niveau de l'eau s'élève tellement, qu'il permet de naviguer en canoé à peu près partout. Ils ont connu 4 crues en 10 ans, elles ont tout submergé. Je passe une première journée sur le parking du bureau touristique. Ce qui me permet d'arpenter deux sentiers dont celui des castors. Ils sont vraiment nombreux en Estonie. Partout je vois des arbres rongés. J'ai mesuré approximativement, les castors tronçonnent des arbres d'un diamètre supérieur à 1m, très impressionnant. Des panneaux de mise en garde jalonnent le parcours pour ne pas se prendre un arbre sur le crane. J'ai la chance de voir ma première loutre. Elle courait sur la rivière gelée. Une image fugace mais tellement adorable. Un souvenir de plus s'inscrit dans ma mémoire.
Au cœur du territoire de l'ours estonien. J'arrive au bord du lac Oordi. Je suis au pays des marais. Ils se sont modifiés en tourbières au fil du temps. Le lac Oordi est un ancien lac glaciaire de 4.4 hectares. Sa tourbière est connue comme l'une des meilleures régions de production de canneberges d'Estonie. Je comprends pourquoi les ours se plaisent ici. Pourtant j'ai beau arpenter tous les coins possibles, à cette époque de l'année, il est impossible que ce bel animal soit visible. En effet, il n'existe aucun endroit surélevé au sec avec de quoi se faire une tanière. Aussi, j'en conclus qu'il faut attendre que la terre sèche pour en voir des spécimens. Je ne me lasse pas de ces paysages. Il ne manque que du relief pour me convaincre qu'un lieu comme celui-ci serait idéal pour accueillir avec ma maison en fuste. Mais ce moment n'est pas venu. Je vais vadrouiller encore de nombreuses années avant de repenser à me poser définitivement. Tiago se plait énormément au bord de ce lac. Nous sommes tous deux en pleine méditation contemplative.
Je repars vers la Mer Baltique. Les oiseaux migrateurs arrivent de plus en plus nombreux. Je ne veux pas rater ça. D'abord un arrêt pour faire le plein d'eau. C'est la première source avec pompe que je croise dans les pays Baltiques. Elle a un puissant goût de fer. C'est plutôt surprenant aux premières gorgées. Je m'y fais bien vite. Tiago adore. Au bord de la rivière, j'aperçois un joli couple de cygnes. Ils sont à peine visibles dans les roseaux. Je fais aussi la connaissance du Garrot à œil d'or. C'est un canard plongeur qui peut rester 55 secondes en apnée et descendre à 7 m de profondeur. Un sacré athlète.
Aujourd'hui j'ai 54 ans, quoi de mieux que de s'offrir un tour d'Europe. De nombreuses personnes ont pensé à moi. Ma fille m'a écrit un joli message : "Joyeux anniversaire maman. Tu es tous les jours dans un rêve éveillé. Tu vagabondes entre mers et forêts, hivers comme étés. Je suis fière de toi, de ton parcours. Chaque journée comporte son lot d'épreuves et tu les surmontes, tu gardes le moral et ne renonces pas. Tu pars dans l'inconnu avec Tiago et chaque jour est plus beau. J'ai hâte de te rejoindre dans moins d'un mois."
J'ai eu plaisir à recevoir un poème de Manuel Soubelet :
Aujourd'hui, je m'émerveille
Devant ton sourire, ton soleil
Pour ce jour exceptionnel
Que je te souhaite d'une douceur de miel.
Des éclats, des fragrances,
De la musique, de la danse,
La famille, les amis, la chance
Et une pensée pour toi, je pense.
Maintenant, le temps est venu
Pour ne point subir de déconvenue
De te laisser à tes affaires
Et te souhaiter un bon anniversaire.
Vous pouvez le rencontrer au Salon Poésia y Romancia le 30 mai 2026 à L'Arcadia Fougères (35).
Juste avant d'arriver au parking de Tahkuranna, je me retrouve entourée d'une nuée d'oiseaux. Ce sont les oies rieuses. Elle se posent dans les champs par centaines. Elles font un raffut du diable. Je vis un moment exceptionnel. Elles sont partout à gratter la terre. En marchant entre mer et forêt de conifères, je découvre des belles anémones hépatiques. J'aperçois fugacement un héron caché dans les roseaux.
Une nuit à Kastna en compagnie de vaches estoniennes. Des veaux viennent de naître. Les mères viennent meugler derrière leur clôture. Leur façon bien à elle de monter la garde. C'est une très bonne expérience pour Tiago qui doit rester bien sage tout en regardant caracoler les bovins. Kastna c'est aussi la résidence de deux chênes de plus de 360 ans, malmenés par les vents, les tempêtes et le tonnerre. Je déambule le long des roseaux en bord de mer. Je découvre plein de jolis lieux de villégiatures avec de rares habitats. Je vois également les premières mouettes rieuses. A croire qu'elles ont déserté les côtes de la Mer Baltique. Depuis quelques temps, je voyais fugacement un oiseau dont le cri ressemble au bruit des anciens jeux vidéos. J'arrive à prendre une seule photo du Vanneau du Nord. Cliquez sur son nom vous pourrez entendre son chant. Son vol est gracieux mais d'une rapidité surprenante. Il est très farouche.
Je passe deux nuits au parc Puhtu toujours en bord de mer. De nombreux cygnes se sont posés ici. Je fais la connaissance de l'oie cendrée. Je joue à cache-cache derrière les roseaux pour m'approcher suffisamment sans l'effaroucher. Je passe un long moment cachée dans la végétation pour m'approcher et photographier un couple de grues cendrées. Les trouver est relativement facile. Elles passent leur temps à chanter. S'approcher pour en faire un cliché c'est une autre histoire. Aujourd'hui je suis plutôt fière de mes photos. Les couleurs autour de moi sont magnifiques, je me régale à n'importe quelle heure du jour devant ce contraste de bleu et de blanc. La banquise se fracasse comme du verre qui se brise. Ce matin il faisait moins 4 degrés l'air est pur, cristallin.
Je m'arrête au Manoir de Pennijoggi pour une balade matinale. Un joli sentier serpente entre marais, champs et rivières. Je suis dans le parc de Matsalu. Je suis au milieu des plus vastes prairies alluviales naturelles d'Europe. Je suis entourée de roselières au milieu chemine la rivière Kasari. Les oies cendrées sont innombrables. Les gardes forestiers ont construit ici des aires de repos reprenant la toiture traditionnelle en chaume de leur pays.
Je continue ma route vers le lac Lääne. Je croise un troupeau de chevreuils et en attrape deux en plein vol. J'ai eu le temps de m'arrêter et mettre les feux de détresse avant de sortir l'appareil photo. Les pistes sont belles mais il faut près de 2 heures pour faire 60 kms. Je suis seule, toujours, sur ce parking. Autre lieu de baignade du pays, il doit y avoir foule l'été. Je peux me brancher sur l'électricité gratuitement. Elle n'est pas belle la vie ! Ici je peux faire le tour du lac, ce qui est rare. Ce qui ne m'empêche pas de revenir les chaussures pleines d'eau. Les planches qui permettent de rester au sec sont, à de nombreux endroits, soit cassées, soit sous l'eau. J'imagine que tout cela sera remplacé pour les beaux jours et l'afflux de touristes. J'ai droit à un concert de grues dés le réveil. Elles sont justes devant le véhicule. Peut-être à une trentaine de mètres. Les fleurs sortent timidement de terre. Par contre, les buissons de canneberges sont déjà bien épanouis.
Pour les 4 ans de Tiago, nous faisons une belle randonnée dans la tourbière de Rapla. L'aménagement des passerelles à travers les lacs est impressionnant. Plusieurs pontons nous tendent les bras pour un plongeon. Une tour de 30 mètres de haut, nous permet de découvrir un panorama de couleurs éclatantes à perte de vue. Le ciel est toujours aussi bleu. Il fait bon. Je suis bien, je suis heureuse. J'ai envie de le crier à l'univers.
Je poursuis la route des tourbières et m'arrête à Paluküla. Essentielles à l'échelle mondiale, les tourbières se distinguent par leur contribution aux habitats, à la séquestration du carbone et à la conservation de l'eau douce. L’Estonie est l’un des pays les plus riches en tourbières au monde avec environ 20 % de son territoire couvert de sols tourbeux. Cependant, la majorité de ces tourbières sont altérées par le drainage pour l’agriculture, la sylviculture et l’extraction de la tourbe, cette dernière ayant entraîné une dégradation des écosystèmes tourbeux et diminué leur fonctionnement. L'habitat tourbier se dégrade rapidement, les sols s'affaissent et le carbone est libéré lorsque le niveau d'eau baisse, ce qui rend indispensable la restauration écologique des tourbières drainées. Bien que les premières tentatives de restauration en Estonie au début des années 2000 n’aient porté que sur des zones mineures, l’augmentation actuelle du nombre et de la qualité des projets de restauration sont prometteuses.
Après une nuit paisible à Jarva, me voici repartie à travers une nouvelle tourbière. Il a encore fait moins 4 degrés ce matin. Les bourgeons de saule gelés côtoient les fleurs de bois-joli. Pour la première fois, je tombe sur la vraie cahute du castor. Elle est impressionnante, posée sur un petit cours d'eau à l'entrée du lac. Quel trésor de patience cet animal déploie pour entrecroiser ainsi branches et brindilles, pour découper les troncs et assembler son barrage. Un animal prodigieux. J'arrive à un camp de jeunesse avec sa cabane en rondins et son tipi. Je me verrais bien m'installer ici pour mes périodes de télétravail. Une quiétude absolue pour une concentration sereine. Des poèmes sont accrochés entre plusieurs arbres. Notamment, des textes de Hando Runnel. Le style de vie de Hando Runnel a toujours été éthique. Au cœur de son histoire, se trouve la relation du poète avec la patrie, le peuple et les grands problèmes de la vie et de la société. Ses œuvres portent le nom de poésie du Soleil, puis poésie du Destin. Je comprends pourquoi ils lui rendent un hommage dans ce lieu paisble. Un écureuil saute de branche en branche. J'ai un mal fou à le suivre, mais j'arrive tout de même à en faire un fugace cliché. Je passe au pied du bouleau sacré de Kollassaare. Il rappelle l'époque où ces lieux étaient habités, où les alentours n'étaient que pâturages et terres cultivées. Ce site sacré s'appelle un Hiis. Autrefois, il y en avait un à proximité de chaque ferme ou lieu d'habitation. Le Hiis était sacré, car censé protéger, porter chance et aider les populations. Il était inviolable, une clôture était construite autour. Prés du Hiis, il est conseillé de faire un vœu en nourrissant des pensées nobles. Puis, il faut attacher un ruban et offrir des vœux aux fées qui y résident. Mes vœux sont faits, mon ange protecteur m'accompagne à chaque instant.
Les lieux sacrés, souvenirs et légendes perdurent au cœur du peuple estonien. Ils font partie intégrante de leur identité et de leur culture. La croyance en des arbres sacrés, perçus comme bienveillants et protecteurs est encore très répandue.
J'arrive à Endla, après avoir fait les courses, télétravaillé une bonne partie de la journée et roulé 100 kms. Je suis maintenant sur le parking d'une ancienne école construite en 1930. Il s'agit dorénavant du Bureau de l'environnement et on aperçoit, derrière, l'ancienne ferme transformée en centre équestre. Je fais juste un petit tour avec Tiago. Je discute difficilement avec une famille estonienne. Ils parlent encore plus mal anglais que moi. Mon voyage ne les intrigue pas plus que ça. Ils sont plus surpris que j'aie un chien comme Tiago. Ils ont une adorable fille de 6 ans qui balbutie quelques mots d'anglais. Dans mon véhicule, j'ai des peluches qui font partie d'une histoire qui a pris fin. La fillette est ravie de partir avec son lapin. En échange, j'ai droit à un excellent crumble aux myrtilles.
Pour le coup, nous faisons une vraie randonnée ici. 16 kms le matin et 7 kms l'après-midi. De nouveau, de belles planches de bois, des passerelles et des ponts permettent de traverser la forêt et la tourbière. Les premiers aménagements datent de 1963. Je ne le répéterai jamais assez. Ce pays détient un vrai art de vivre en permettant de naviguer dans ces lieux enchanteurs tout en les respectant. La nature est propre. Les gens prennent leurs déchets avec eux. Rien ne traîne autour des aires de repos et des barbecues. Tiago trouve tout de même des os au milieu des foyers. Le Printemps s'installe pour de bon. Les fleurs éclosent de partout. Je vais pouvoir manger des salades de pissenlits dans les jours qui viennent. Les pics sont toujours aussi nombreux. Certains arbres en sont le triste témoignage. J'arrive à la maison forestière d'Endla. Une superbe maison en fuste, en bord du lac, pouvant accueillir 9 personnes. Celle-ci est fermée et pour cause. Il faut la réserver pour en profiter. J'entends un ronfleur finir sa nuit. Je ne vais tout de même pas le surprendre au saut du lit.
Dimanche de Pâques, j'ai rongé mon frein toute la sainte journée. Non pas que je sois croyante, loin s'en faut. Vous qui me lisez fidèlement, vous savez dans quel état d'esprit je suis au gré de mon périple. Paix, tranquillité et sérénité me transportent chaque jour encore plus. Je passe mes journées dans des lieux enchanteurs, en osmose avec la nature qui m'entoure. Donc je reprends ma route après 2 jours dans ce lieu si paisible. J'avais prévu un arrêt au bord du lac Peipus. Quel choc quant, au moment où j'ai mis le clignotant pour tourner vers le parking, j'ai vu des chars camouflés sous les arbres devant moi. J'ai directement fait marche arrière. Ce lieu est à quelques encablures de la frontière Russe. Elle est donc surveillée à ce point ? Je sais qu'il y a des tensions à Narva, au nord-est de l'Estonie. C'est une province en grande partie Russophone. Apparemment, ils veulent leur République autonome. De là à voir des blindés monter la garde dans une zone non militarisée, j'hallucine. Imaginez des chars cachés le long du lac Léman ! J'en ai mal au cœur. Je fais mes courses plus loin, à Johvi. Je me retrouve cernée par les bidasses dans le magasin. Je fuis le plus vite possible. Heureusement, je m'arrête à Selisoo pour prendre un bon bol d'air dans une énième tourbière. Je marche un peu sur l'eau, les planches flottent et moi aussi par la même occasion. Un vanneau huppé se laisse un peu mieux approcher.
Je continue par la cascade de Valaste. Une belle chute d'eau de 30,50 mètres de haut, que l'on peut admirer après avoir descendu un gros escalier métallique et encore des passerelles de bois. Tiago se purifie pour moi en gobant les vagues de la mer Baltique.
Je m'arrête pour laver le véhicule. Il en a bien besoin. Il transporte sa tonne de boue depuis un moment. Nous terminons la journée à Aidu, une aire de repos bien cachée dans les bois. Je peux retrouver mes esprits. Je suis sur le site d'une ancienne carrière de schiste-bitumeux. La randonnée serpente entre les tranchées remplies d'eau, l'ascension d'un terril qui forme une jolie crête, le passage d'une rivière sur un bac que je dois manœuvrer comme une grande. Partout, le chant des oiseaux nous accompagne. Pour la plupart, je ne les ai jamais entendus.
Le parc Lahemaa s'offre à moi. C'est le plus grand d'Estonie. J'ai prévu d'y rester jusqu'à l'arrivée de ma fille, Leïla. Je commence par le centre d'information de Oandu. J'arrive un peu tard. Ils ferment les portes. J'ai tout de même le temps de rentrer dans deux anciennes granges, où sont regroupés outils anciens, portraits de famille et informations diverses sur la vie rurale dans les années 1860. La maison du centre d'information date également de cette époque. Les températures ont chuté, il pleut de façon conséquente la nuit. Il tombe aussi un peu de neige. J'ai l'impression d'avoir réellement remonté le temps. Les fleurs et les bourgeons se cachent encore ici. Les trous d'eau sont toujours gelés. Il fait de nouveau moins 4 degrés le matin.
Je me régale dans la forêt. Seulement quelques sentiers de planches à parcourir. Ici, je peux me promener partout dans les bois. De multiples sentiers non balisés les traversent. J'apprends que deux ours hibernent ici. Je n'ai pas trouvé leur grotte. La population d'élans est importante, mais ils sont bien cachés.
Je reste deux nuits dans ce cadre paisible. J'aurais voulu rester plus. Seulement, je dois me ravitailler en eau. Les batteries ont besoin de charger également.
Je m'arrête pour déjeuner à Kasmu. J'ai juste le temps de voir un phoque glisser d'un rocher dans la mer. Il y a beaucoup de vent aujourd'hui. Le nord de l'Estonie est encore glacial. J'aurais voulu me rendre sur l'île de Saartneem. L'accès à pied est faisable avec de l'eau jusqu'aux genoux. Je ne vais pas m'y risquer avec ce vent. J'en suis profondément déçue. Je suis bien décoiffée, je ressemble à un pirate. J'ai par contre une mine superbe, bien bronzée. Je me sens tellement vivre au jour le jour.
Je continue vers la cascade de Nommeveski. Il y en a peu dans ce pays. Il s'agit de ne pas les rater. Là aussi, je me promène dans la forêt au milieu des pins, sapins, hêtres, aulnes. Les essences d'arbres qui sont parmi mes préférés. Le soleil revient gentiment, il est encore accompagné d'un froid glacial. Le thermomètre affiche 14 degrés. Je ne ressens pas du tout cette tiédeur.
Ce matin, grand coup de stress en regardant mon compte bancaire. Un prélèvement Bouygues Télécom de 157 euros. Alors que mon forfait me coûte 20 euros. J'arrive à joindre le service commercial rapidement. J'ai un forfait appel, SMS illimité et internet 150 Go. La définition de l'illimité a été revue par l'Europe. Illimité doit s'entendre dans la limite du raisonnable. C'est la loi sur l'itinérance internationale (« roaming ») dont il est question. Si, pendant une période d'observation de 4 mois consécutifs, je séjourne plus longtemps dans un pays de l'UE que la France et que j'effectue plus de consommation à l'étranger, l'opérateur estime que je fais une utilisation déraisonnable des services en itinérance. Il peut alors me facturer des frais supplémentaires. L'opérateur est toutefois tenu de m'en informer. Résultat Bouygues ne se gêne pas pour me facturer ce qu'il estime être du dépassement mais ne m'en a jamais informé. Heureusement, car cela me permet d'en être remboursée. Il ne me reste qu'à acheter un forfait en Estonie. Merci internet, je trouve facilement l'offre qu'il me faut. Mais pour cela, il me faut aller dans une boutique à Tallinn. Je navigue dorénavant avec un forfait Estonien couvrant aussi les Pays Scandinaves et le Danemark au prix de 20 euros, mais pour 29 GO au lieu de 150 GO. Je me rends donc dans un magasin Elisa pour acheter une nouvelle carte SIM. Mon téléphone n'accepte pas les Esim. C'est bien dommage. Il n'a pas deux ans, je ne vais pas le changer juste pour ce petit inconvénient. Lors de mon retour en France, je prendrai de nouveau un forfait français. Je pourrai encore voyager 4 mois tranquillement en attendant de trouver une autre solution. Encore un dénouement sans heurt. Ce n'est pas pour rien que la citation du Dalaï-Lama m'accompagne continuellement.
Je passe la nuit suivante à Pitapolu. Je suis vraiment au milieu des bois. Je suis toujours seule au monde sur mes spots. Je continue à arpenter le parc Lahemaa en tous sens. Je suis dans un secteur avec beaucoup de petites collines. C'est le coin le plus vallonné d'Estonie que je traverse. Je ne suis plus habituée à marcher avec des dénivelés. Mes mollets s'en ressentent. Autre coup de gueule du matin, je ne suis pas si seule que ça. Il me semblait bien avoir entendu des coups de feu au loin hier après-midi pendant que je travaillais. Je longe une zone militaire que traverse le chemin de randonnée. Une barrière est baissée, je peux lire sur une affiche que certains jours, le sentier est fermé pour cause de mouvement militaire. Sauf qu'aujourd'hui 10 avril le passage est normalement libre. J'entends toujours des coups de feu. Je ne m'avise pas de passer cette foutue barrière, je fais demi-tour. Autant je ne ressens d'insécurité à dormir seule dans les bois. Autant cette présence militaire m'effraie. Les Russes auraient menacé les Estoniens de représailles à cause de drones Ukrainiens qui passent sur leur territoire avant de bombarder le grand Empire. Est-ce si utopique de vouloir simplement la paix ? Si vous voulez connaître mon sentiment sur la paix, cliquer simplement sur le mot.
Me voici au septentrion de l'Estonie avec un temps magnifique et toujours ce froid polaire. La pointe de Parispea. Je rate mes premières prises de vue du coucher de soleil sur la Baltique. Je ferai mieux la prochaine fois. J'aperçois à l'horizon un gazier. L'énorme navire sur lequel ma fille va faire son premier stage maritime cet été. Quel chemin va-t-elle parcourir de son côté ? Je découvre le goéland cendré, c'est le plus petit spécimen de cette famille. Il ne donne pas l'impression d'être adapté au climat. Il rentre bien son cou pour se protéger des rafales. Je fais la connaissance de l'Huitrier pie. J’apprends que c'est le seul huitrier vivant en Europe. Pour une fois la femelle est plus imposante que le mâle avec un bec plus long et plus fin. Elle me jette un de ces coups d’œil. Elle n'a pas l'air facile. Je découvre également le Tadorne de Bélon. Un gros canard souvent apparenté aux oies. Le mâle est facilement reconnaissable avec son caroncule. Cette protubérance rouge au-dessus du bec.
En attendant l'arrivée de Leïla, je passe le week-end au pied de la cascade Jägala. Elle mesure 8 mètres de haut, sa largeur peut atteindre 70 mètres lors des crues. C'est la plus grande du pays. En un siècle le cours d'eau s'est déplacé de 17 m vers l'intérieur des terres ce qui a formé un canyon de 280 m de long. Il est complétement à sec et bien en hauteur par rapport au lit de la rivière. Je retrouve les oies cendrées. Elles sont innombrables dans les champs. Nous traversons les bois et arrivons dans la chambre des élans, des crottes fumantes nous le prouvent un peu partout. Les branches craquent autour de nous. Je crois que nous avons dérangé leur repos. Pour une fois, j'arrive à m'approcher au plus près d'un pic épeiche. J'arrive enfin à prendre des photos convenables. Ce matin, des centaines de canards nous survolent. Tiago a été moins chanceux que moi. Le pauvre s'est fait asperger par l'urine que les volatiles ont lâché en plein vol. La rivière et le savon de Marseille sont là pour qu'il reprenne contenance. Il peut sécher et dormir au soleil. J'en profite pour admirer les Scilles de Sibérie. Je n'avais jamais entendu parler de ces fleurs. Tous les jours, je vais de découverte en découverte. Pour moi, la faune et la flore l'emportent sur toute autre considération. J'aime également découvrir le patrimoine et la culture mais avec beaucoup moins de satisfaction.
Mon voyage en solitaire fait une pause de 8 jours. Leïla arrive demain. D'autres péripéties nous attendent.
Je suis de retour à Tallinn. Je voulais revoir cette ville médiévale découverte en 2019 au retour de Russie. Je sais qu'elle peut me livrer encore quelques secrets. Leïla atterrit à 1h40. J'ai le temps de faire les courses et toute la manutention concernant le véhicule. Je trouve un parking au milieu de résidences avec un parc à chiens. Tiago a besoin de rencontrer ses congénères. Il peut être belliqueux par moment. Son attitude montre qu'il n'a pas été socialisé. Je le fais travailler devant les parcs. Il se montre très attentionné. Par contre, les croisements sont laborieux. Il a encore beaucoup à apprendre. C'est néanmoins un excellent compagnon de route. Pour faire passer la soirée, je m'octroie non pas un mais deux karaokés. Dans le premier, je chante exclusivement pour le barman. Dans le second, j'ai aussitôt mon fan club. C'est l'heure de rallier l'aéroport. A Tallinn, tout peut se faire à pied. Seulement 3,4 kms pour se rendre du centre ville à l'aéroport, puis 2,6 kms de l'aéroport au véhicule. Je vais tout de même cumuler 31 kms à pied dans la journée. Dans le terminal, des ardoises avec craies sont mises à disposition pour interpeller les voyageurs. Leïla a droit à « Tere Tulemast Eestisse » ( Bienvenue en Estonie) avant de se jeter dans mes bras. Ma fille, c'est mon étoile, ma bouffée d'énergie. Une jeune femme qui trace sa route avec joie et dynamisme. Rien ne l'arrête. Dans ses bagages, elle me ramène une combinaison de nage pour profiter des lacs Scandinaves. Elle transporte également mon nouvel appareil photo. Pour mon anniversaire, je me suis offert le Nikon Coolpix P1000. En tant que photographe amateur, je me suis acheté l'appareil qui va me permettre de vraiment faire des clichés d'animaux de qualité. De plus, l'ancien commence à fatiguer. Il est temps de changer. Je vais avoir besoin d'un certain temps d'adaptation pour découvrir toutes les fonctionnalités du nouveau. La qualité est déjà au rendez-vous. Quel bonheur de voir ma fille profiter d'un sommeil réparateur à bord de mon véhicule. Au matin, elle découvre la capitale. Le temps se prête à cette découverte. La vue est magnifique sur les belvédères. L'après-midi, retour chez le dentiste pour terminer les soins commencés en Lettonie. Puis nous partons vers les îles Muhu et Saaremaa.
Nous passons la première nuit au lac Rummu. L'eau est d'un bleu cristallin. Le lac est comme entouré de mini falaises que nous enchaînons avant de découvrir une ancienne prison. Elle a accueilli des détenus jusqu'en 2013. Suite à un accident inexpliqué, une partie des bâtiments s'est retrouvée submergée. La plongée sous-marine est pratiquée ici pour découvrir ces lieux insolites. Nous passons à travers les barbelés découpés pour faire une escapade au milieu des vieux bâtiments. Une partie est maintenant louée à différentes entreprises. La gardienne est dérangée par Tiago. C'est une vipère péliade. Le chien en dégote 4 pendant notre marche. Il doit y en avoir bien d'autres. Nous arrivons aux falaises de calcaire. Un lieu splendide, surtout que personne n'est là pour troubler la quiétude du lieu. Nous faisons le mur pour sortir du site. C'est un espace payant en saison. Avec ma fille, nous rejouons la grande évasion. Pour la première fois de l'année, le 15 avril 2026, la table de pique-nique est de sortie. Nous apprécions le soleil et nous prenons vite des couleurs. Ma cuisse rougit. Le short est appréciable par cette belle journée printanière.
La tourbière de Rapla, près du village de Leila, nous accueille au milieu des bois. Sans le vouloir, ma fille prête son nom au lieu ou l'inverse. Je voulais que Leïla découvre ces paysages splendides de zone humide, où la tourbe donne naissance à des couleurs éclatantes. Ces plaines immenses que nous traversons sur les belles poutres de bois avant d'arriver aux lacs et de profiter d'une tour d'observation pour faire un tour d'horizon. Le bleu lumineux du ciel se reflète dans l'eau. Je n'ai qu'une envie c'est de me plonger dans ce miroir étincelant. Le ponton et son échelle me tendent les bras. J'attendrai encore un peu pour le premier plouf.
Leïla prend les commandes pour la semaine. Elle a préparé le trajet pour profiter au maximum des îles Muhu et Saaremaa. Nous prenons le ferry à Virtsu direction Kuivastu. Nous avons pris le billet à l'avance pour payer un peu moins cher. L'embarquement et le départ se font en quelques minutes. L'organisation est au rendez-vous. Tiago est resté dans le véhicule. Je pense que c'est son baptême de mer. Nous allons découvrir les petites falaises d'Üügu. Nous sommes garés en surplomb de la mer, un spot idéal. Qu'il est agréable de pouvoir marcher avec un peu de dénivelé. Les Pays Baltes sont magnifiques. A force, la platitude se transforme en lassitude.
Nous prenons la direction de Tilunine pour voir les chevaux et vaches estoniens. Nous faisons une belle balade. Nous découvrons de jolies maisons mais point d'animaux.
Nous continuons par le château d'Ordulinnuse. Le château fort médiéval de Maasi a cette particularité d'avoir été construit grâce au travail forcé des insulaires. Les habitants avaient été punis ainsi suite à leur soulèvement. Ce château fort en bord de mer est resté invaincu jusqu'à ce qu'il soit détruit par les Danois en 1576. Les murs de 8 m qui ont survécu à la destruction ont permis de mettre à jour quelques salles que nous pouvons visiter en toute liberté. Les restes sont vraiment de grande beauté. Leïla est mon co-pilote pendant son séjour mais également mon chef cuisto. Pendant quelle prépare le déjeuner, je me familiarise avec les réglages de mon appareil. J'en profite pour prendre des clichés des oiseaux aux alentours. Je suis stupéfaite du résultat.
Kuressaare, le château dans la ville. Il est exact qu'il domine la bourgade. La restauration est vraiment très belle. Nous cheminons entre murs et remparts avant de nous enfoncer dans le centre ville. Les manoirs se disputent la part belle au milieu des échoppes du 19ème siècle. C'est une ville agréable et dynamique. Nous sommes surprises du faible coût des articles en faisant les courses. A Tallinn, nous avons aussi profité d'un filet de saumon fumé entier à 12 €/kg. On se régale. Je rame au pied de Töll et Piret, couple protecteur des pêcheurs. Nous sommes témoins de l'entrainement d'un joueur de Mölkki, un jeu typiquement Finlandais. Un clin d'œil pour mon ami d'enfance Dominique qui arpente l'Europe pour les championnats.
Direction Saare Cap, le bout du bout de l'île. Nous déjeunons près du musée militaire avant de partir sur cette petite péninsule. Aujourd'hui il fait encore un temps magnifique. Nous empruntons le labyrinthe de galets porte chance. Tiago s'amuse avec les vagues. Leïla me bat aisément aux ricochets. Tout est magnifique, ne serait-ce que les cygnes morts sur la grève et un gros phoque annelé. Cette vision attriste ce moment. Nous ne nous attardons pas.
Direction Kougatama pour une autre balade en bord de mer. Les avis sur Park4night indiquent qu'il faut faire attention à ne pas rester bloqué. J'en rigole avec ma fille. Je prends tout de même des précautions. Je descends du véhicule pour voir si le sol est solide. Pourtant, en manœuvrant, le véhicule se retrouve ensablé. Les deux roues avant bien enfoncées. Pas de panique, nous profitons du sentier pour chercher des personnes aptes à nous porter secours. Les moulins à vent ont la particularité d'être montés sur un socle tournant qui permet de les orienter suivant le sens du vent. Il nous faudra 1h45 de marche et 3 discussions assez difficiles avec des habitants du cru pour tomber sur un homme charmant travaillant dans son jardin avec un ami. Ils viennent un weekend sur deux dans la maison d'enfance. Nous tombons au bon moment. C'est une maison en fuste et chaume. Elle est plus que magnifique. Mon véhicule de 3,5 tonnes est tracté par un cabriolet Alfa Roméo et une petite corde. Franchement j'étais persuadée que cela ne marcherait pas. Par chance, un bûcher de Saint Jean était déjà prêt. Nous avons les planches nécessaires pour caler les roues, en faisant toutefois attention aux multiples vis et clous restés dedans. En 10 minutes et 3 essais, nous pouvons repartir.
Pour le dernier jour sur l'île, Leïla découvre une vraie aire de pique-nique RMK. Je m'entraîne avec mon appareil photo alors que le crépuscule arrive doucement. Nous ferons le premier barbecue de l'année après la balade matinale. Nous cheminons entre bord de mer, marais et forêts. Ma fille découvre les laissés d'élans. Du tout frais, l'un d'eux a certainement dormi ici. Ensuite, nous tombons sur un nid d'oie, un œuf abandonné git là. Nous nous entrainons pour fendre du bois. J'avoue que je me débrouille plutôt bien. Vous pouvez le découvrir dans les vidéos en bas de l'article. Leïla démarre le barbecue en quelques minutes. Qu'il est bon de manger des saucisses grillées. L'air est frais, nous profitons pourtant avec plaisir des tables extérieures.
Nous reprenons le ferry pour le retour sur le continent. Tiago a le droit de monter sur le pont ainsi que dans les salons. Il a le pied marin le toutou. Que d'expériences il vit à mes côtés depuis un an. Nous passons la nuit à Salevere. Au matin, Leïla me fait courir sur la balade circulaire. Un petit paradis avec une falaise et une cascade. Nous parcourons un joli sentier avec un escalier et des passerelles de bois.
C'est le retour sur Tallinn. De nouveau, il faut faire le plein d'eau et de carburant. Le diesel a baissé, il est à 1,81 € aujourd'hui. Je retourne au magasin bio pour profiter des promotions. Puis rendez-vous chez le vétérinaire pour vermifuger Tiago 24 h minimum avant de mettre le pied en Finlande. Il est ravi, la vétérinaire lui fait avaler le comprimé avec un beau morceau de viande.. Son passeport est tamponné, la Scandinavie nous ouvre ses portes. L'ensemble me revient à 27 € alors qu'il était prévu 40 €. Une belle ristourne qui me réjouit. En vermifuge, j'utilise depuis longtemps des graines de courge. Elles ne me coûtent pas ce prix là. Je fais également le plein de croquettes. Encore une belle surprise, j'achète 3 sacs de 15 kg en date courte au prix de 15 € le sac au lieu de 102.60 € et j'ai encore un rabais comme nouvelle cliente. L'achat me revient à 42,60 € au lieu de 307.80 €.
Nous passons la soirée au Glehn park. Du nom du propriétaire qui fit construire le château à la fin du 19ème siècle. Il a imité le style d'une forteresse médiévale. Le parc abrite également les statues de Kalevipoeg, un personnage tiré d'une épopée estonienne, et du crocodile, ainsi qu'un observatoire. Nous terminons au restaurant. Il faut bien se faire plaisir. J'avais trop envie de manger des côtelettes d'agneau. Elles sont délicieuses.
Au matin, nous repartons dans le centre médiéval, avant de nous quitter. La semaine avec Leïla fut riche de découvertes. Revoir ma fille me gonfle le cœur de bonheur. Je la reverrai en fin d'année. D'autres personnes vont me rejoindre au cours de mon périple. Qu'importe le lieu, je sais qu'à chaque fois les moments partagés seront intenses.
C'est le départ pour Helsinski. Le ferry est énorme, 9 ponts pour accueillir passagers et véhicules. J'ai trop de chance, un karaoké est organisé.
J'ai adoré l'Estonie. C'est un pays accueillant. La nature y est préservée. Je l'ai arpenté pendant plusieurs semaines et j'aurai pu y demeurer encore. C'est un pays propre. On sens une vie tournée vers le plein air et les activités sportives. Une splendide découverte sur mon parcours. Un chapitre de mon périple se termine. Je suis vraiment fière de ma vie.













































































































































































































































































































































































































































