Se rendre au contenu

Le Printemps arrive en Estonie

19 mars 2026 par
Séphora PInabel

J'arrive bien vite en Estonie. Les pistes sont vraiment trop difficiles en Lettonie. De plus je pense que ce pays est destiné à la découverte cycliste plus qu'à la randonnée. 

Me voici dans la petite bourgade de Rouge qui regorge de pépites. Je commence par une randonnée en bord de lac et sous-bois qui me porte jusqu'au petit canyon Hinni Kanjon. Unique en son genre, il est taillé dans le grès. Qu'il est agréable de marcher sur un sol meuble, sans s'enfoncer dans la neige ou dans la boue. Je me sens bien légère et guillerette. Je passe encore le long d'une station de ski à environ 100 m d'altitude. Les notions de sommets sont bien différentes de mes connaissances présentes. Nous continuons vers la tour d'observation "Nid de cigogne" culminant à 30 mètres. Elle se fond bien dans le décor. Tiago n'est pas fier dans la descente sur les marches grillagées. Aurait-il peur du vide ? Je dois le réconforter et lui donner l'impulsion pour arriver en bas. Il n'en a pas terminé avec les émotions fortes. Il monte avec moi sur une grande balançoire. Que la vie est belle ! Nous continuons par les passerelles qui nous amènent vers une vieille roue de moulin.


La nuit suivante se passe au milieu des bois au bord du lac Paidra, sur un parking-camping calme et tranquille. Nous cheminons au milieu des arbres. La forêt commence à prendre des teintes d'un vert plus soutenu. Quand soudain un bruit de gros véhicule se fait entendre. Je croise 2 véhicules blindés. Ils s'arrêtent à mon niveau. Me voilà entourée de bidasses en tenue de camouflage. Ils partent dans les sous-bois. Je continue mon chemin et me fait doubler par 4 véhicules blindés et un camion de troupes. C'en est terminé pour le moment de ma sérénité forestière. Je croise ensuite les jeep des officiers. Je ne me sens plus à ma place. Ils détruisent les chemins et font un raffut du diable. C'est bien la peine d'être d'en un pays qui prône la défense de l'environnement. Dès 8 h du matin, la nature doit se mettre au garde à vous. Je comprends pourquoi il y a tant de toilettes disséminées un peu partout. C'est pour éviter d'uriner voir pire sur un casqué. Je rentre au véhicule au plus vite. Je prends le temps de regarder de plus près l'aire de repos. Non seulement on trouve un stock de bois abondant. Mais un outil de coupe de bois est aussi installé avec le mode d'emploi. Ils pensent vraiment à tout. Les Pays Baltes font vraiment le maximum pour que les habitants sortent de chez eux et passent du temps dans la nature. C'est le RMK qui gère ses infrastructures. Le pendant de l'ONF. Ils ont créé une application qui regroupe tous les bivouacs. 


Je suis partie bien rapidement alors que je comptais rester une nuit supplémentaire. J'arrive à la rivière Ahja, d'où un belle randonnée me mènera le long des falaises de grès de Sonajala. Pas moins de 28 falaises se découvrent en moins de 7 km de rives. Une partie d'entre elles sont malheureusement englouties du fait de la montée des eaux après la construction du barrage. Je suis dans un petit paradis. Je retrouve ces bois de fées avec une épaisseur de mousses au sol qui invite au farniente. Le lichen pend des branches de conifères comme un voile translucide. Les bourgeons se gonflent de sèves. Je découvre bons nombres d'oiseaux et d'animaux, pas tous faciles à photographier. Je me régale de cette splendeur. Je savoure la vie qu'il m'est donnée de poursuivre. Un renard vient au devant de nous à travers champ, la truffe au sol. D'un seul coup, il lève le nez et nous aperçoit. Avec Tiago nous sommes à environ 50 mètres. Il bifurque bien vite et galope au loin. Un brocard et ses chevrettes sortent au galop d'un bosquet. Les couples de cygnes commencent à nager sur la rivière qui dégèle rapidement au soleil. Je fais la connaissance du Harle Bièvre, un canard que je n'avais jamais vu. Il est reconnaissable par son long bec mince et crochu, rouge. La femelle a la tête marron et sa crête est plus prononcée que celle du mâle. Sur mon chemin je rencontre encore les grues cendrées, canards colverts et pics épeiches. Une sortie mémorable entre toute dans un paysage enchanteur.


Direction la Frontière russe à 2 km au village de pêcheurs de Mehikoorma.

Séphora PInabel 19 mars 2026
Partager cet article
Archive
L'hiver dans toute sa splendeur.