Je suis partie à l'aventure, néanmoins un minimum de préparation s'impose.
1- je mange bio au maximum. L'expérience aidant, en France je trouve facilement de quoi me nourrir sainement ; alors qu'à l'étranger, il en va autrement. Donc avant de passer la frontière, je fais le plein pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Je dois m'adapter avec la cuisine simple imposée par une cuisine équipée seulement d'un réchaud, pas de four, ni de micro-ondes dans le véhicule. Place aux conserves pour les légumes secs, des pots de verre vides en quantité suffisante pour accueillir riz, semoule, flocons d'avoine, graines diverses et variées, les différentes huiles dont j'ai besoin ainsi que les laits végétaux. Des sachets de 500 g de café par mois hors frontière. Je ne bois qu'un café par jour hors rare cas exceptionnel, aussi je bois de l'excellent : le Sidamo de Terra Kawha, un café sauvage Ethiopien et non cultivé vendu par une entreprise engagée. Pour les fruits et légumes, j'emporte le maximum, en cours de voyage mon approvisionnement se fait au petit bonheur la chance. Je suis devenue bien malgré moi une adepte des magasins Lidl. Ce sont les rares à proposer des produits dits bio à l'étranger. Les marchés ne sont pas très développés mis à part dans les grandes villes. Je ne pensais pas que nous détenions la palme dans ce domaine. Pour les affaires de toilette c'est rapide, plusieurs dentifrices, shampooings et savons secs, un spray pour les cheveux, du gel d'aloé vera, le tour est joué.
2- les croquettes de Tiago. Pour le coup c'est plus facile que je ne l'aurais pensé. En France, j'avais un fournisseur qui m'a permis de partir avec un stock de 120 jours. J'ai refait le plein par deux fois dans les Pays Baltes a des prix défiants toute concurrence.
3- pour mon véhicule, je dispose de 3 jerricanes de 10 L chacun pour bénéficier des meilleurs tarifs en carburant. J'emporte une trousse à outils assez conséquente, une pelle pliante, les chaînes à neige bien sûr, les différents filtres dont je peux avoir besoin, une visseuse avec un lot de vis au cas où, le nécessaire en ampoules et fusibles de rechange, une bâche pour me glisser sous le véhicule, plusieurs embouts, un arrosoir et des tuyaux pour faire le plein d'eau.
4- ma feuille de route, parlons-en. Je planifie au minimum le voyage, par contre je dois savoir où faire les courses, les pleins de diesel et GPL, le plein d'eau et les vides d'eau et de cassette WC. Je me sers de différentes applications pour ce faire, ce qui me permet d'optimiser au maximum les kilomètres. Le plus simple, reste de tout faire régulièrement et ne pas attendre d'être à sec.
5- la conduite, éco bien sûr. Le véhicule consomme entre 7,8 et 8,2 l au 100 km suivant la route, le temps. Entre moins 18 degrés et plus 25 degrés, le moteur boit différemment. Sur les pistes à 30 km/ h, il mange plus également. Le mot anticipation n'est pas un vain mot. Il faut savoir profiter de tous ces moments précieux où l'accélérateur devient inutile et la consommation quasi nulle. Le freinage en devient d'autant plus rare, donc l'usure est moins fréquente . Je ne suis pas une super adepte du GPS, il m'a bien fallu me faire une raison. Tout d'abord pour les dimensions du véhicule. Avec 2,70 m de haut mon p'tit nez ne passe pour sous tous les ponts. J'ai donc programmé l'application Osmand avec la taille du véhicule. Ensuite le code de la route diffère suivant les pays. Par exemple, en Finlande, ce n'est pas limité à 50 km/h en agglomération mais 60 kms/h voir, 40 kms/h, la plus grande des vigilances s'impose. Le GPS facilite la surveillance.
6- les visites des différents monuments. Trouver les horaires, il n'y a rien de plus facile, néanmoins avec un budget serré, il faut savoir dénicher les bons plans pour bénéficier de billets gratuits. Une chose à programmer vraiment à l'avance. J'ai ainsi fait des centaines d'euros d'économies à Madrid et aux alentours.
7- les ferry, pensez-y, surtout pour les Pays Scandinaves. Pour le coup, je vais être obligée de planifier ma route à l'avance, de peur de voir mes économies fondre drastiquement. J'ai prévu de m'offrir une traversée pour voir un fjord depuis le large. Je vais le choisir le plus judicieusement possible pour en profiter pleinement et ne pas regretter de payer un billet.
8- les péages, rien de plus facile de programmer le GPS : "éviter les péages". Seulement quand on n'a pas le choix des recherches s'imposent. C'est le cas pour la Norvège depuis une semaine, je commence à regarder les lieux intéressants. Méfiance dans ce pays, certaines routes mais aussi certaines villes sont payantes. Il faut faire attention aux jours et aux horaires. Une chose que je n'ai pas anticipée, c'est le boitier. Dans ce pays, il permet de bénéficier de 20 % de réduction. Il faut que je me débrouille pour m'en faire livrer un quand je vais arriver dans ce pays.
9- concernant les spots, je cherche avant tout le calme et être proche de l'eau si possible. Je ne souhaite pas être près des grands axes routiers et le moins possible en ville, sauf quand je prévois de la visiter. J'ai un impératif, c'est d'avoir un réseau suffisant pour que je puisse travailler. En Finlande, je m'appuie en grande partie sur l'application Luontoon, elle a été mise en place par les services forestiers du pays. C'est un incontournable quand on est comme moi une adepte des grands espaces.
10- le célibat, alors ce constat n'était pas prévu du tout, puisque cela m'est tombé dessus du jour au lendemain. Comme tout ce qui m'arrive, j'ai pris ce sujet à bras le corps. Il m'a permis de réfléchir un peu plus à ce que je voulais vraiment et surtout ce que je ne voulais plus. Je suis maintenant prête pour un nouveau départ. Malheur à l'homme que je rencontrerai qui ne sera pas sincère dans ses propos et ses actions; il trouvera à qui parler.
11- le télétravail se construit au jour le jour. Actuellement je ne remplis qu'une seule mission, parfois ce sont deux, voire trois. Je veux toujours avoir un coup d'avance. Je ne peux pas me permettre de rester sans ressources et je dois faire face aux entreprises peu scrupuleuses en tout genre qui payent mal, offrent des conditions de travail déplorables et vont, pour certaines, jusqu'à refuser de régler les factures. J'en ai déjà mené deux devant les Tribunaux en 2 ans. Toutes les semaines je postule pour avoir le choix et ne pas être prise au dépourvu.
12- puisque j'ai besoin de connexion, j'ai besoin du meilleur abonnement téléphonique. J'ai appris en cours de route, comme je l'ai expliqué dans mon article en Estonie ; j'ai découvert la signification du mot "Roaming". On peut le définir comme l'itinérance qui vous permet d'utiliser les services de votre opérateur dans le réseau d'un autre opérateur. J'en ai fait les frais, l'itinérance ne doit pas être utilisée en majorité. Vous êtes espionné pendant 4 mois par votre opérateur, s'il s'aperçoit que vous avez utilisé en majorité un réseau étranger pendant cette période, vous passez en hors forfait. J'ai donc changé de forfait en Estonie, puis j'ai trouvé mieux en Finlande. Pour l'instant je n'ai pas un téléphone qui accepte la E-Sim, je chercherai les meilleurs offres possibles sur mon chemin.
13- la pharmacie, il faut bien en parler, elle se résume à peu de chose. Des pansements, du savon de Marseille pour désinfecter, du miel, du gel d'Aloé Vera, quelques huiles essentielles et quelques tubes de granules homéopathiques. Je ne me refuse pas à la médecine conventionnelle, cependant pour moi sa place est en queue de peloton. J'essaierai toujours la méthode naturelle avant tout.
14- la lecture, un élément très important pour moi car je lis tous les jours. J'avais fait le plein de mes placards avant de partir, les boîtes à livres sont bien utiles à cet effet. J'ai tenu jusqu'à fin avril grâce à ce stock. Ma fille bien-aimée devait m'en apporter mais elle a manqué de place dans son sac cabine. J'ai trouvé deux gros romans là où j'ai lavé mon linge. Depuis, je suis abonnée aux E-books, ce n'est qu'un palliatif et ceci pour deux raisons ; je préfère l'effet papier pour le toucher et la vue, je ne trouve pas ce que je veux. Les E-books me sont pourtant nécessaires, la lecture étant un de mes passe-temps favori. Alors je déniche sur internet les sites gratuits et je me rapproche des bibliothèques qui offrent ce service.